
Les chiffres parlent d’eux-mêmes: en France, plus de 8 millions de personnes sont considérées comme obèses et au Luxembourg, 16,5 % des adultes sont concernés d’après une enquête de 2019.Le rapport de State of health de 2025 indique qu’un adulte sur quatre aux États-Unis est touché. “L’obésité est un sujet qui n’est pas tabou, estime Pauline Piperato, diététicienne à Thionville et à Esch-Belval. L’obésité est reconnue comme étant une maladie chronique mais ce n ’est pas une fatalité.”
La référence a longtemps été l’indice de masse corporelle (IMC). “Au-delà de 25, on était considéré en surpoids ; quand on dépasse le nombre 30 , on parlait d’obésité . Désormais le critère seul de l’IMC ne suffit plus. On prend en compte également le tour de taille.” Chez l’homme il ne doit pas dépasser les 94 cm, chez la femme les 80 cm. “On vérifie aussi la masse grasse. Au-delà de 20% chez les messieurs et 30% chez les dames, on parle effectivement d’obésité. Il faut prendre les trois critères en compte.”

L’origine de l’obésité est multifactorielle. “On travaille souvent assis, on prend la voiture. On marche peu.” Une donnée psychosociale n’est pas écartée. “Le niveau social joue beaucoup.” Ajoutez aussi un facteur émotionnel comme la dépression qui peut avoir des répercussions sur le corps. “On mange parfois pour oublier ou pour se ré conforter.” Il est possible aussi de souffrir d’une maladie génétique, mais c’est assez rare. Le diabète gestationnel n’a pas de lien de cause à effet sur le surpoids d’un bébé.
Une certaine hérédité est à l’origine de cette pathologie, mais pas uniquement. “L’évolution est due à la sédentarité des personnes , mais aussi au manque d ’exercices, sans oublier l’alimentation. Concrètement on mange trop et mal.”
“Il existe des injections qui sont pré conisées contre le diabète et qui donnent de bons résultats sur la perte de poids. Mais c’est à prendre chaque semaine et un suivi diététique et médical est nécessaire, car dès qu’on arrête, on reprend les kilos.” La chirurgie est une option qui a fait ses preuves. “On réduit l’estomac.” Revoir son alimentation est indispensable. Optez pour une assiette plus équilibrée avec des légumes, des fibres, des protéines, des féculents. “Quant à l’activité physique, on peut aussi se contenter de marcher, de monter les escaliers. On ne se lance surtout pas dans une pratique inadaptée ou trop intense seul.”
Qui dit surpoids, voire obésité, dit aussi possibilité de développer d’autres maladies. “Il existe un terrain à risques. On parle de cancers, de maladies cardiovasculaires, de diabète…" Toutefois, Pauline reste confiante. “Je trouve que les mentalité s évoluent, on a pris conscience de l’importance de mieux manger. Je conseille de faire des choses en famille , comme se balader , voire cuisiner ensemble. L’essentiel c’est de se bouger. Le problème de l’obésité et du poids en général doit être pris dans sa globalité. On évite de calculer les calories. Et surtout pour éviter les frustrations, on pense à se faire plaisir. ” L’idéal ? “Faire attention, un peu tous les jours, sans que cela ne soit trop drastique.”
