
Une limitation drastique qui suscite la colère de l’association “40 millions d’automobilistes”, laquelle dénonce un dispositif "absurde" et "purement lucratif".
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, l’association s’est rendue sur place. En 4 minutes et 39 secondes, elle a compté 18 véhicules flashés. De quoi donner une idée vertigineuse de la rentabilité potentielle du radar : extrapolée sur une journée, cette cadence représenterait plus de 5.500 amendes, soit 2 millions de PV par an. À 135 euros l’infraction, le calcul est vite fait : plus de 270 millions d’euros de recettes théoriques. Une estimation évidemment symbolique, mais qui illustre la rapidité avec laquelle le radar sanctionne.
Officiellement, la mesure vise à protéger les ouvriers intervenant sur le chantier. Mais pour l’association, la logique est inversée : "Si la zone est si dangereuse qu’il faut descendre à 30 km/h, pourquoi ne pas agir sur le danger plutôt que sur la vitesse ?" Elle pointe aussi le manque de lisibilité de la signalisation : dans un environnement saturé de panneaux, de voies resserrées et de travaux, la limitation doit être clairement visible et immédiatement identifiable.
L'association demande le retrait du radar et l’annulation des PV déjà dressés. Pour elle, ce dispositif illustre une dérive : celle d’une politique de sécurité routière qui confond prévention et punition. L’association plaide pour des solutions plus cohérentes : neutraliser une voie pour éloigner les véhicules du chantier, renforcer la signalisation lumineuse, et replacer la sécurité des travailleurs au cœur du dispositif.