
Un arrêté, publié ce dimanche 4 octobre, interdit tout rassemblement aux abords de plusieurs établissements du département ce lundi 5 octobre. La mesure intervient après une série de blocages et tentatives de blocages, parfois accompagnés de feux de poubelles, qui ont perturbé la fin de semaine dernière.
Les lycées concernés – Léonard de Vinci à Montigny‑lès‑Metz, Fabert à Metz, Jean Moulin à Forbach, Pierre‑et‑Marie‑Curie et Ernest Cuvelette à Freyming‑Merlebach, ainsi que la cité scolaire Julie‑Daubié de Rombas – n’accueilleront pas d’élèves ce lundi. Les directions ont choisi de basculer l’intégralité des cours en distanciel, anticipant de nouvelles tensions autour des grilles.
Parallèlement, la préfecture a étendu ses restrictions à plusieurs communes du département. Le port d’armes est interdit à Metz, Thionville, Saint‑Avold, Rombas, Fameck, Talange, Forbach, Creutzwald, Freyming‑Merlebach et Dieuze. La mesure vise aussi les objets pouvant constituer des armes par destination, comme les aérosols, ainsi que les produits inflammables et les articles pyrotechniques, dont l’usage a déjà été constaté lors des précédentes mobilisations. L’ensemble de ces interdictions restera en vigueur jusqu’à mercredi à minuit. Les organisations lycéennes ont appelé à reprendre la mobilisation ce lundi.
Crainte d'un "embrasement"
Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a confirmé lundi qu'il "craignait" un embrasement au niveau national du mouvement lycéen et étudiant, avant une journée de manifestations prévue mardi.
"Oui je le crains, évidemment", a répondu le ministre, interrogé sur Sud-Radio sur cette éventualité, précisant que "30 à 40 sites universitaires" étaient lundi "soit bloqués soit fermés".
"Aujourd'hui, il y a des discussions entre des lycéens et des étudiants mais il n'y a pas eu de violences dans les universités ou très marginalement", a-t-il précisé. "C'est quand même radicalement différent de ce qu'on voit dans les lycées".
"Il y a une différence fondamentale" avec le mouvement lycéen, a-t-il pointé, rappelant que les revendications des étudiants sont "très construites" alors qu'au début du mouvement lycéen, "on a tous eu (...) un peu de mal à attraper les revendications des lycéens".
A l'université, "On est d'accord sur pas grand chose mais on a des discussions très régulières avec les syndicats et les organisations représentatives étudiantes".
"Les images qu'on voit depuis une semaine sont inquiétantes et abominables", a-t-il déclaré. "Je pense aux forces de l'ordre qui paient un très lourd tribut mais aussi aux chefs d'établissements, aux professeurs, aux lycéens, grévistes ou pas grévistes qui aussi sont blessés par leurs propres blocages".