
Se faire soigner dans tous les domaines à proximité de son lieu de vie. C’est l’un des vœux les plus chers que poursuit Henri Lewalle. Le coordinateur belge des projets transfrontaliers en matière de soins via le programme européen Interreg a formulé ce souhait la semaine dernière lors d’un séminaire organisé à la résidence de l’Ambassadeur de Belgique en présence notamment du ministre de la Santé du Gouvernement Wallon Yves Coppieters et de la ministre de la Santé luxembourgeoise, Martine Deprez.
Henri Lewalle avait cependant ratissé bien plus large pour qu’un maximum d’acteurs soient mis au parfum à travers ces états généraux. Les directeurs des hôpitaux en province et au Grand-Duché, le Centre de Réhabilitation de Colpach, les soins à domicile et les organismes de sécurité sociale notamment se sont rassemblés à Itzig.
Les projets de coopération sanitaire transfrontalier entre le versant luxembourgeois et wallon vont bon train depuis des années. “L’accord-cadre de coopération sanitaire entre la Belgique et le Luxembourg a été signé lors d’une réunion de la Gaichel en 2023”, rappelle Henri Lewalle, qui a précisé qu’il devait encore être ratifié par les pouvoirs des deux côtés de la frontière.
Ce socle doit permettre d’extraire des conventions qui visent à améliorer l’accessibilité aux soins. «La première réalisation concrète que l’on veut mettre en place, c’est une convention de collaboration de type Zoast (zone d’accès aux soins transfrontaliers) qui permettrait au patient de se faire soigner en fonction de ses intérêts personnels et notamment du critère de proximité. Une structure hospitalière près de son lieu de vie pourrait ainsi l’accueillir.»
Mais quel avantage un citoyen luxembourgeois, lui, pourrait-il tirer de ces synergies? «Imaginez une femme luxembourgeoise qui vit juste à la frontière. Le jour où elle accouche, la maternité la plus proche n’est pas au Luxembourg… mais en Belgique. Cette situation très concrète illustre l’importance de la coopération transfrontalière en matière de santé», a rappelé Yves Coppieters
Henri Lewalle a donné plus de précisions sur le calendrier. “On est en train de boucler un rapport qui explique le contenu de l’offre de soins sur le versant provincial et sur le versant grand-ducal. Nous formulerons ensuite des pistes de recommandation à la mi-avril. Nous déposerons nos argumentaires aux autorités pour faciliter l’accès des patients aux soins dans les espaces frontaliers.”
L’idée est donc qu’un résident bénéficie des mêmes facilités qu’un travailleur frontalier. Que le millefeuille juridique, administratif et financier soit décloisonné. Qu’une autorisation médicale auprès de son organisme d’assurance-maladie pour être remboursé des soins de l’autre côté de la frontière ne soit plus indispensable. Une forme d’égalité de traitement qui va demander également une cohabitation plus étroite entres les médecins et les hôpitaux des deux pays à l’heure où Vivalia, l’intercommunale des soins de santé en Province du Luxembourg, déploie son chantier pour le grand hôpital prévu à l’horizon 2031.
Ces processus devront aussi tenir compte de la pénurie de personnels soignants, authentique verrue dans le secteur. Notamment les soins à domicile qui souffrent et sont confrontés à un absentéisme croissant. Ce ne sont pas les axes de travail qui manquent.