
Les conducteurs des pays voisins — ceux qui circulent le plus en Belgique — sont aussi ceux qui paient le mieux… à l’exception notable des Français.
Les chiffres du SPF Justice montrent que les conducteurs des pays limitrophes sont globalement de bons payeurs. Les Néerlandais arrivent largement en tête, avec 86% des amendes réglées. Les Luxembourgeois suivent avec 80%, un taux élevé qui confirme leur réputation de conducteurs respectueux des procédures transfrontalières. Les Allemands, eux, atteignent 75%.
Ces taux élevés s’expliquent par la proximité géographique, la fréquence des trajets et l’efficacité des échanges de données entre administrations. En cas de non‑paiement, la Belgique envoie un rappel dans la langue du conducteur, puis peut demander au pays de résidence de procéder au recouvrement, notamment via les impôts, comme l'expliquent nos confrères de VRT NWS.
Le contraste est frappant avec les conducteurs français. Sur cinq ans, plus de 1,5 million de contraventions ont été dressées à l’encontre de véhicules immatriculés en France… mais près de la moitié n’ont jamais été payées.
Le SPF Justice pointe un problème structurel : la Belgique ne parvient pas toujours à identifier correctement le contrevenant dans la base de données européenne. Sans identification, aucune amende ne peut être infligée, ce qui gonfle mécaniquement le taux d’impayés. Les autorités belges disent vouloir poursuivre leurs investigations avec leurs homologues français pour comprendre ces lacunes.
Pour les conducteurs originaires de pays hors UE, le taux de paiement tombe sous les 20%. Au sein même de l’Union, les écarts sont importants : – Roumanie : 37% – Bulgarie : 27%
Le SPF Justice rappelle toutefois que ces pourcentages doivent être relativisés : la majorité des infractions concernent des conducteurs des pays voisins, beaucoup plus nombreux sur les routes belges.
La législation européenne permet aujourd’hui l’échange de données pour huit infractions majeures. Une nouvelle directive élargira cette liste à 18 infractions, facilitant l’identification des conducteurs, la signification des documents et le recouvrement des amendes.
Cet élargissement s’inscrit dans l’objectif européen Vision Zéro, qui vise à réduire de moitié les morts et blessés graves sur les routes d’ici 2030, et à tendre vers zéro en 2050. Des règles transfrontalières plus claires doivent garantir que les conducteurs respectent le code de la route, même lorsqu’ils circulent à l’étranger.