Thionville, Metz, Hayange, Villerupt...Qui deviendra maire dans ces communes frontalières ?

Romain Van Dyck
Les Français sont appelés à voter lors des élections municipales des 15 et 22 mars. Metz, Thionville, Longwy, Hayange, Villerupt et Audun-le-Tiche : le Luxembourg devrait garder un oeil sur le résultat des urnes dans ces communes frontalières.
Le maire RN Fabien Engelmann brigue un troisième mandat à Hayange, et devra affronter l'opposition de gauche incarnée par Nathalie Ambrosin-Chini.
Le maire RN Fabien Engelmann brigue un troisième mandat à Hayange, et devra affronter l’opposition de gauche incarnée par Nathalie Ambrosin-Chini.
© LAGEAT PERROTEAU/Hans Lucas via AFP

Le premier tour des élections municipales en France se tient ce dimanche 15 mars. Le second tour, programmé le dimanche 22 mars, concernera les communes où aucune liste n’aura atteint la majorité absolue (moitié des sièges) ce dimanche soir. Il sera également réservé aux candidats ayant obtenu plus de 10% des suffrages.

Ces municipales sont très attendues en France, car elles permettront de prendre la température, à quelques mois de la présidentielle de 2027. Et les résultats seront aussi scrutés chez le voisin luxembourgeois, les frontaliers français étant les premiers pourvoyeurs de main-d’oeuvre étrangère au Grand-Duché.

Voici les candidats et enjeux dans six villes frontalières.

METZ

© Fabrice Bisignano RTL

Dans la commune la plus peuplée de Lorraine (près de 123.000 habitants) le maire sortant, François Grosdidier (divers droite) est présenté comme favori à sa réélection. Mais “on ne peut jamais être sûr dans une élection” rétorque prudemment l’édile (qui avait été élu avec seulement 197 voix d’avance en 2020!). En face, les adversaires ne manquent pas. Le député centriste Ludovic Mendes, qui a fait salle comble lors de son dernier meeting, promet un “changement de méthode” s’il est élu. De son côté, le candidat RN Étienne Anstett pourrait surfer sur la montée de l’extrême droite en France, mais sa carrière politique débute par une polémique : il a porté plainte contre des articles de presse l’accusant de vanter la culture du viol dans une vidéo TikTok. Du côté de la gauche, la division règne. Bertrand Mertz (PS, a été maire de Thionville entre 2008 et 2014) se voit en challenger n°1, l’insoumise Charlotte Leduc (LFI) se présente en rempart à l’extrême droite, et l’écologiste Jérémy Roques a reçu le soutien du candidat à la présidentielle François Ruffin.

THIONVILLE

© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN/AFP

L’une des principales villes du “Pays des 3 Frontières” (près de 42.700 habitants) va décider si elle accorde un troisième mandat à Pierre Cuny (Centre droit). Surnommée la “ville dortoir”, avec près de 40% de sa population travaillant au Luxembourg, Thionville est en première ligne sur la question frontalière. Notamment le projet d’A31bis : Philippe Noller (candidat PC), a reproché à Pierre Cuny son soutien à ce chantier controversé. Pierre Cuny devra aussi affronter Brigitte Vaïsse (PS), qui veut “exploiter le plein potentiel de la commune” et prendre soin des séniors et des jeunes. Ou encore Yan Rutili, qui a mis en cause des élus et des sociétés locales dans le dossier ThionviLeaks.

HAYANGE

© Maurice Fick / RTL

La conquête d’Hayange par le FN (ex-RN) en 2014 avait provoqué une déflagration bien au-delà de l’ex-cité minière (près de 15.800 habitants). Six ans plus tard, Fabien Engelmann avait rempilé dans un contexte de forte abstention (due à la pandémie de Covid-19). Et ce n’est pas sa condamnation pour conduite en état d’ivresse au Luxembourg ou d’autres controverses qui l’ont découragé de briguer un troisième mandat. Face à lui, l’opposition est portée par la candidate Nathalie Ambrosin-Chini, encartée au PS mais dont la liste rassemble “toutes les sensibilités”. Elle se dit soucieuse “de redonner des couleurs à Hayange, en faire une ville accueillante et de faire de la jeunesse une priorité”. Cela promet effectivement un duel haut en couleurs, avec un résultat attendu dès ce dimanche.

LONGWY

© DAMARIN VINCENT / HEMIS.FR/Hemis via AFP

Dans la Cité des Émaux (près de 15.500 habitants), le maire PS depuis 2014 Jean-Marc Fournel avait laissé la place, dix ans après et en plein mandat, à son 1er adjoint Vincent Hamen. Ce dernier emmène la liste de la majorité sortant. Son principal opposant Mathieu Servagi a rompu les ponts avec les Républicains, mais sa liste reste classée à droite. Thierry Alcaraz, expert-comptable sans étiquette politique, et le commerçant et ex-boxeur de haut niveau Malik Hadjadj complètent le tableau.

VILLERUPT

© Archives RTL

L’un des derniers bastions communistes de la région va-t-il tomber? Le suspens ne durera pas longtemps dans la commune meurthe-et-mosellane (près de 10.200 habitants), car le résultat devrait être connu dès ce dimanche soir. Il n’y a que deux listes qui s’affrontent : à l’extrême-gauche, le maire sortant Pierrick Spizak (PC) va tenter de défendre le bilan de son premier mandat. En Face, Véronique Guillotin, (centre-droit), sénatrice qui avait échoué deux fois dans le passé, tout comme son mari Bruno Guillotin en 2020. Mais l’écart s’était réduit scrutin après scrutin. 2026 sera-t-elle l’année du basculement ?

AUDUN-LE-TICHE

© Commune d’Audun-le-Tiche

Située à un jet de pierre du Grand-Duché, Audun-le-Tiche (près de 7.400 habitants) ne verra pas Viviane Fattorelli briguer de second mandat. L’actuelle maire, qui a la double nationalité (elle est née à Esch-sur-Alzette) a justifié sa décision par sa “frustration” face à des projets qui “n’avancent pas”. Pour lui succéder, trois listes, dont deux à gauche : celle portée par Ingrid Joliat, actuelle 3e adjointe chargée de la vie associative, et celle de l’ancien lieutenant sapeur-pompier Bouzid Djebra, qui avait déjà tenté sa chance en 2020. La troisième est celle de Karine Miseré, candidate RN qui avait décidé de jeter l’éponge l’an passé suite à des “menaces sur les réseaux sociaux”, avant de se remotiver.

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