Province de LuxembourgRéforme du chômage: la vague de mars devrait davantage impacter les CPAS

Luc Suriant
La modification du régime de l’assurance chômage est entrée en vigueur lundi dernier en Belgique. Relativement épargnés par la première vague, les centres publics d’action sociale (CPAS) s’apprêtent à faire face à davantage de sollicitations ces prochaines semaines.
© Christian Dubovan / Unsplash / Domaine public

La réforme décidée par le gouvernement fédéral Arizona pour modifier le régime de l’assurance chômage est entrée en vigueur lundi dernier en Belgique. Les allocations de chômage complet seront désormais limitées à un maximum de 24 mois, soit 12 mois de droit de base auxquels pourront s’ajouter jusqu’à 12 mois supplémentaires en fonction du passé professionnel. A compter de lundi dernier, les allocations d’insertion seront aussi limitées à un maximum d’un an.

Ces mesures ont été précédées de nombreux envois de courriers échelonnés au cours de l’année 2025 et destinés aux personnes menacées de suppression de revenus liés au chômage en raison de leur inemploi prolongé.

Ainsi, la deuxième vague d’exclusions du chômage a débuté ce 1er mars. Elle concerne les personnes qui ont cumulé entre 8 et 20 années de chômage (au 1er janvier 2026) et intervient deux mois après une première vague lancée le 1er janvier qui portait sur la perte des droits pour les personnes qui cumulaient plus de 20 ans de chômage.

La première vague concernait environ 10% du total des personnes concernées pour l’ensemble des vagues en Province de Luxembourg”, précise Yannick Vincent, délégué syndical CSC (Confédération des syndicats chrétiens). “Les dégâts seront plus importants en mars puisqu’on estime à 22% le nombre de personnes ciblées mais la plus impactante se déroulera en juillet avec un chiffre évalué à 25%.” Cette vague concerne les personnes ayant perçu des allocations de chômage pendant deux ans ou une allocation d’insertion pendant un an.

Au total, ce sont 4.437 personnes qui seront concernées pour l’ensemble des vagues en Province de Luxembourg.

Attention au régime des frontaliers!

Ces mesures avaient alerté les CPAS (centre public d’action sociale) qui se sont préparés à un afflux massif d’exclus. Le raz-de-marée n’a pas encore eu lieu. “Plusieurs personnes étaient venues prendre des renseignements mais sans être dans les conditions pour bénéficier du revenu d’intégration social pour le moment”, notait la présidente du CPAS d’Aubange, Catherine Habaru il y a quelques semaines. “En deux jours, on a reçu 6 personnes exclues. Les enquêtes sociales détermineront à quelle hauteur nous pourrons les aider”, précisait-elle en ce milieu de semaine.

Il n’y a pas eu d’afflux en Province de Luxembourg mais bien à Liège par exemple où les demandes ont dépassé les prévisions du Gouvernement”, poursuit Yannick Vincent qui met en garde sur l’une des particularités qui guettent les personnes potentiellement concernées en Province de Luxembourg. “Si Monsieur était au chômage en Belgique alors que Madame travaillait au grand-duché de Luxembourg, Monsieur ne touchera pas d’aide structurelle du CPAS. Les revenus du ménage sont globalisés.

C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les secousses ne se font pas encore sentir auprès des CPAS ou tout simplement parce que les informations ne percolent pas toujours et que certains se retrouveront devant le fait accompli une fois frappés par la mesure.

On avait aussi évoqué la pudeur qui aurait pu freiner des gens assez frileux à l’idée de se tourner vers les centres d’actions sociales. “Mais je n’y crois pas trop. La réalité prend vite le dessus lorsqu’il n’y a plus 1 seul euro qui entre”, ponctuait Yannick Vincent.

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