
Julien Petitjean, qui comparaissait devant la cour d’assises pour “meurtre sur ascendant”, a finalement été condamné pour “coups mortels” et est ressorti libre du tribunal. La peine prononcée, assortie d’une obligation de soins, est proche de celle requise par le parquet.
“Mon but n’est pas de l’envoyer en prison”, avait souligné l’avocate générale Lucile Bancarel, qui avait demandé deux ans de prison “sous forme de bracelet” et un suivi socio-judiciaire sans durée limitée.
Le soir des faits, Julien Petitjean avait appelé les secours, affolé, en affirmant qu’il avait trouvé sa mère Sylvie, 51 ans, “noyée dans la baignoire” au domicile familial de Corny-sur-Moselle, près de Metz.
La défunte, médecin de profession, souffrait de dépression depuis la mort de son mari 15 ans auparavant. L‘autopsie n’avait pas permis de trancher entre une cause toxique, une noyade accidentelle, un suicide, ou un homicide involontaire, et le parquet avait classé l’affaire sans suite en août 2014.
Mais le 14 octobre 2015, Julien Petitjean faisait des aveux: selon ses explications en garde-à-vue, réitérées à trois reprises ainsi que deux fois devant le juge d’instruction, il n’avait pas voulu tuer sa mère mais “lui retirer le mal qu’elle avait en elle”. Il lui aurait ainsi fait prendre un bain “pour l’aider” car elle était “possédée par une chose”.
Une fois dans la baignoire, il l’avait immergée et avait bloqué sa respiration en lui mettant une main sur le nez et la bouche afin qu’elle perde connaissance et revienne à elle “normalement”, une “manœuvre de dépossession” d’après ses termes, “non pas pour la noyer mais pour qu’elle se retrouve”.
Au moment des faits, le jeune homme, alors âgé d’une vingtaine d’années, ne semblait pas être en conflit avec sa mère: il habitait chez elle et les deux étaient “complices”, selon leur entourage familial. Les proches de l’accusé ont insisté sur son état de “grande fragilité": dans les trois ans qui ont suivi la mort de sa mère, il a fait sept séjours en hôpital psychiatrique, où on lui a diagnostiqué une schizophrénie paranoïde.
Pour les quatre psychiatres qui l’ont examiné, son discernement était altéré au moment des faits, ce que la cour d’assises a retenu.