
Les autorités luxembourgeoises appellent les consommateurs à la prudence face aux interventions esthétiques invasives telles que les injections de Botox ou d’acide hyaluronique, ou les traitements laser. Si l’offre et la demande pour ces actes esthétiques ont augmenté ces dernières années, tous les praticiens ne possèdent pas les qualifications ni les autorisations requises. En conséquence, le parquet et la Direction nationale de la santé ont annoncé un renforcement des contrôles.
La promesse d’une apparence plus jeune sans effort a alimenté la popularité du Botox et des traitements similaires. Cependant, le Dr Joe Hellers, chirurgien plasticien, met en garde : les personnes qui optent pour de telles interventions doivent se renseigner minutieusement, tant sur les substances injectées que sur le praticien qui les administre. Le Dr Hellers souligne que les réseaux sociaux regorgent de publicités émanant de personnes proposant des traitements esthétiques, qui ne sont ni médecins ni exercent dans le Grand-Duché.
Le Dr Hellers constate une augmentation du nombre de patients qui sollicitent son aide après avoir reçu des produits non autorisés ou subi des traitements incorrects ou excessifs. Il déplore cette tendance croissante. Dans ces cas, il souligne qu’il est crucial pour les patients de connaître précisément le produit injecté, car certains ne sont pas solubles. Il insiste également sur le fait que seuls les produits autorisés dans l’Union européenne doivent être utilisés.
Pour repérer les offres potentiellement douteuses, le Dr Hellers recommande de se fier aux prix. Une injection de Botox pour une seule zone coûte généralement à partir de 250 €, tandis qu’une injection d’acide hyaluronique coûte environ 350 €. Si des traitements sont proposés à des prix nettement inférieurs, les consommateurs doivent s’interroger sur la provenance des produits utilisés.
Les instituts de beauté proposent désormais une gamme de soins pour un teint éclatant. Cependant, Alexa Ballmann, gérante de deux instituts de beauté au Grand-Duché, explique que ces soins ne doivent en aucun cas être invasifs, c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas pénétrer sous la peau. Par conséquent, les injections de Botox et d’acide hyaluronique sont interdites dans les instituts de beauté.
En revanche, les procédures minimalement invasives, comme le microneedling – qui utilise de très fines aiguilles pour créer des micro-lésions contrôlées dans la peau afin de stimuler la production de collagène – sont autorisées. Cependant, Ballmann souligne que “minimalement invasif” ne signifie pas sans risque. Elle précise que lors de ces procédures, la peau est irritée et légèrement perforée. C’est pourquoi les esthéticiennes de ses salons portent systématiquement des masques et des gants pendant ces traitements.
Alexa Ballmann se félicite des contrôles plus stricts qui seront bientôt mis en place dans le secteur, soulignant qu’ils contribueront à préserver sa bonne réputation. Elle insiste sur l’importance de règles uniformes pour tous les prestataires et souligne que le champ de compétences professionnelles doit être respecté.
En cas d’infraction, les autorités peuvent saisir le matériel et, selon les circonstances, engager des poursuites pénales. Plus généralement, le public est invité à la prudence face aux traitements esthétiques invasifs, car ces interventions peuvent présenter des risques importants pour la santé, notamment des infections.