Au cours des deux dernières années, 15,6 tonnes de déchets provenant de 15 communes représentatives ont donc été analysées. Depuis 1994, cette analyse est réalisée tous les trois ans au Luxembourg et en 30 ans, la quantité de déchets dans la poubelle classique a été divisée par deux. La tendance va dans la bonne direction, explique le ministre de l’Environnement, Serge Wilmes, qui a présenté cette nouvelle analyse mardi. Mais le tri pourrait être bien meilleur, ou des déchets pourraient être complètement évités.
Les biodéchets constituent une part importante des déchets retrouvés dans les poubelles noires : environ 37% du poids, soit 57 kilos par habitant et par an. Parmi ceux-ci, près de 35% auraient pu être complètement évités. Cela inclut par exemple du fromage emballé, du jambon, du pain ou un sac de pommes de terre.
13 % des déchets ménagers sont constitués de papier. La quantité de papier dans la poubelle noire a diminué de 29 % depuis la dernière analyse de 2021/2022. Mais on remarque que près de 50 % de sacs en papier supplémentaires ont été jetés avec les déchets ménagers, ainsi que bien plus de papier provenant de restaurants fast‑food.
Le papier qui est simplement un peu sale peut être déposé dans la collecte papier destinée au recyclage.
Le plastique reste également trop présent dans les déchets ménagers. Il représente 11 % du contenu de la poubelle noire. Pour chaque bouteille en plastique qui finit à la poubelle, l’État luxembourgeois doit payer une taxe. À court terme, le taux de recyclage du plastique et des canettes doit atteindre 80 %, et à long terme 90 %. Pour le plastique, le Grand-Duché est proche de l’objectif, avec 77 %. Pour les canettes, en revanche, il n’atteint que 43 %. Des efforts restent donc nécessaires, mais le ministre de l’Environnement ne souhaite pas encore envisager un système de consigne.
Les déchets dangereux comme les piles et les médicaments sont de mieux en mieux recyclés. Pourtant, 1,2 kilo de déchets dangereux par personne continue d’être jeté dans la poubelle, alors qu’une seule pile peut déjà poser problème et devrait être déposée à la SuperDrecksKëscht.
Dans les communes où les déchets sont pesés, la production de déchets diminue de 27 kilos par habitant et par an. Autrement dit : lorsque c’est plus cher pour le consommateur, le tri s’améliore ou le consommateur jette moins. Par ailleurs, il est plus facile de bien trier ses déchets en zone rurale que dans les villes. Et le meilleur déchet reste celui qui n’est jamais produit. Dans ce sens, la lutte antigaspi est extrêmement importante.