"Lien avec le pays"Faut‑il durcir les critères pour représenter le Luxembourg à l’Eurovision ?

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
La question revient avec insistance depuis quelques jours: le Luxembourg doit‑il exiger davantage de celles et ceux qui souhaitent porter ses couleurs à l’Eurovision ? Pour les députés LSAP Georges Engel et Ben Streff, la réponse est clairement oui.
Beim LSC decidéiert sech, wie Lëtzebuerg beim ESC vertrëtt.
© ESC

Fin septembre, les deux élus ont publié une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux. Ils y défendent l’idée qu’un candidat au concours devrait remplir au moins l’un de ces critères: posséder la nationalité luxembourgeoise, vivre depuis au moins trois ans dans le pays ou être solidement ancré dans la scène musicale locale.

Une manière, selon eux, de garantir que l’investissement consenti par le Luxembourg — environ deux millions d’euros pour participer au concours — profite réellement au milieu culturel national.

La proposition n’a pas tardé à susciter des réactions vives en ligne. Certains internautes y ont vu une dérive populiste ou nationaliste. Georges Engel, également co‑président du LSAP, dit avoir bien perçu ces critiques, mais assume pleinement sa position.

"J’ai aussi reçu énormément de retours positifs, surtout de la part de la scène musicale, des compositeurs, des musiciens, des personnes directement concernées. Et c’est exactement ce dont il était question dans cette vidéo. Je trouve que défendre la scène culturelle luxembourgeoise ne fait pas automatiquement de quelqu’un un populiste. On peut vouloir la renforcer sans être rangé dans ce camp."

Le député insiste: ces critères devraient s’appliquer non seulement aux artistes qui montent sur scène, mais aussi aux compositeurs et aux producteurs. Actuellement, seule la personne qui interprète la chanson doit remplir au moins une des conditions évoquées, en plus de l’obligation d’avoir 18 ans révolus.

Le choix du représentant luxembourgeois revient au LSC, le Luxembourg Song Contest, qui sert de sélection nationale pour l’Eurovision. Le débat lancé par les deux députés pourrait donc peser sur les futures éditions, et relancer la réflexion sur la place que le pays souhaite accorder à sa propre scène musicale dans ce concours très médiatisé.

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