
Celui‑ci s’interrogeait sur la pertinence de conserver un système à deux classes alors que les transports publics sont gratuits depuis 2020 et que la deuxième classe est régulièrement saturée aux heures de pointe.
La ministre rappelle que la première classe représente aujourd’hui environ 13 % des places assises sur l’ensemble de la flotte CFL, soit 4.105 sièges sur un total de 31.507. Elle souligne également que la demande existe bel et bien : plus de 21.000 billets unitaires ont été vendus depuis janvier 2026, contre un peu plus de 38.000 sur toute l’année 2025. Depuis l’introduction de la gratuité, les ventes de titres de première classe ont même progressé de près de 50 %, malgré les années marquées par la pandémie et le télétravail.
Pour Yuriko Backes, supprimer la première classe n’apporterait pas les bénéfices espérés. D’un point de vue technique, aucune économie significative n’est attendue : les canaux de vente doivent de toute façon être maintenus pour les trajets transfrontaliers, qui ne sont pas gratuits, et l’application "CFL GO" reste indispensable pour l’information des voyageurs. Les contrôles ne génèrent pas non plus de coûts spécifiques, puisque les agents CFL sont présents à bord pour de multiples missions.
La ministre met également en avant un argument souvent méconnu : la possibilité de déclassement. Lorsque la deuxième classe est surchargée, les voyageurs peuvent être autorisés à s’installer en première sans supplément. Cette mesure, décidée par l’accompagnateur ou l’accompagnatrice de train, permet d’absorber les pics de fréquentation. Les détenteurs d’un billet de première classe peuvent alors demander un remboursement. Pour Yuriko Backes, ce mécanisme prouve que la première classe n’est pas un espace figé, mais un outil de flexibilité pour gérer les flux.
Les chiffres confirment par ailleurs que la pression se concentre sur la deuxième classe. Sur la ligne Luxembourg–Thionville–Metz, le taux d’occupation atteint 96 % en heure de pointe, tandis que la première classe oscille entre 10 et 16 % selon les tronçons. Plutôt que de supprimer la première classe, la ministre défend une stratégie globale : augmenter la capacité totale du réseau. Une commande d’automotrices a été passée, ce qui devrait permettre d’accroître le nombre de places assises de 18,5 % dans les prochaines années.
En résumé, le gouvernement ne prévoit pas d’ajouter davantage de sièges de deuxième classe en supprimant la première. Yuriko Backes assume le maintien d’un système à deux classes, qu’elle considère compatible avec la gratuité, utile en cas de surcharge et nécessaire pour les trajets internationaux. La priorité reste d’augmenter l’offre globale afin de répondre à une fréquentation appelée à croître encore dans les années à venir.