
La question des toilettes unisexes n’est pas tombée du ciel. L’été dernier, un plan d’action national pour les droits de la communauté LGBTIQ+ a été adopté au Luxembourg avec le soutien du CSV. Il y avait déjà été fait mention de travaux en cours sur un concept de toilettes plus inclusives dans les lycées. C’est ce qu’a déclaré lundi matin au micro de RTL, le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch, au sujet de la controverse sur les toilettes unisexes dans les écoles.

Le ministre de l’Éducation nationale affirme qu’il n’y a pas de divergence substantielle entre le CSV et le DP.
“Je pense qu’il s’agissait plutôt de surfer sur la vague, la vague d’indignation, comme vous l’avez dit [...] Ce qui est important, c’est que sur la question de fond, c’est-à-dire sur les toilettes qui devraient être installées dans les écoles, nous sommes d’accord et nous le mettrons en œuvre ensemble.”
Il a déclaré qu’il ne ferait pas d’autres commentaires sur la décision du CSV, mais qu’un parti doit également avoir une ligne de conduite, surtout lorsque le vent souffle de face. Il n’y a assurément pas de mauvaise ambiance au sein de la coalition actuellement. Le député CSV Ricardo Marques, qui avait déclaré dans des interviews que le CSV n’était pas au courant des toilettes unisexes, l’a appelé et ils sont d’accord pour dire qu’il doit continuer à y avoir des toilettes pour garçons, des toilettes pour filles et aussi des toilettes non genrées dans les écoles. Il en va de même pour les vestiaires, précise Claude Meisch. Il regrette que, malheureusement, “nous vivons à une époque où l’on ne peut plus discuter sereinement et dans le respect de sujets délicats, touchant souvent les minorités. Et l’école est précisément un lieu où les adultes doivent montrer l’exemple”.
Sur Internet, on pouvait très souvent lire :"N’avons-nous pas d’autres problèmes ?” “Si, nous avons effectivement de nombreux défis à relever dans l’éducation”, a déclaré Claude Meisch. Mais ici, il s’agit surtout d’individus. L’adolescent de 15 ans qui se sent mal à l’aise dans son corps, ou les élèves transgenres pour qui aller aux toilettes peut être un problème majeur.
“Et j’ai un peu de mal à accepter le fait que nous ne prenions plus autant au sérieux qu’auparavant les droits des minorités”, a déclaré le ministre tout en soulignant qu’il constatait que c’était désormais la norme dans le monde entier. Une société montre son caractère dans la manière dont elle traite les minorités, leurs demandes et problèmes.
Il y a quelques mois, les toilettes du Lycée technique de Lallange étaient au centre des discussions. Elles avaient toutes été fermées, à l’exception d’une seule, en raison de problèmes disciplinaires. Il est important de concevoir les toilettes de manière à éviter la discrimination et le harcèlement. Et pour protéger les élèves dans les toilettes et peut-être aussi leur garantir un peu plus d’intimité.
Les toilettes forment un bloc fermé vers l’extérieur, c’est pourquoi la surveillance n’y était pas possible jusqu’à présent. À l’intérieur, les cabines sont ouvertes par le haut et, souvent, n’offrent pas de protection.
“Ce que nous aimerions faire maintenant, c’est avoir un seul bloc de toilettes, qu’il soit pour les garçons, les filles ou mixte, mais qui soit plus ouvert sur l’extérieur afin de pouvoir entendre s’il y a une bagarre ou une discussion animée à l’intérieur. Mais à l’intérieur du bloc, il y aura des cabines individuelles fermées par le haut le bas, comme à la maison. Où l’on peut s’enfermer et avoir une intimité totale. Cela permettrait donc non seulement de répondre à la question du genre, mais aussi de lutter contre la violence, le harcèlement et les problèmes disciplinaires dans les toilettes”, selon Claude Meisch.
Cette discussion a-t-elle été déclenchée par la thématique LGBTIQ+ ? “On ne peut que spéculer”, dit Claude Meisch. Certains députés de l’ADR ont simplement “diffusé de fausses informations”. Le ministre raconte être rentré chez lui le soir et ses propres enfants l’ont réprimandé parce qu’ils pensaient que désormais n’importe qui pouvait entrer dans n’importe quelles toilettes dans n’importe quel bâtiment scolaire. Mais ce n’est pas le cas.
“Il y aura toujours des toilettes pour garçons. Il y aura toujours des toilettes pour filles. Mais il y en aura une supplémentaire que tout le monde pourra utiliser”. Il s’agit d’un projet pilote qui a été développé avec de nombreux acteurs et qui ne sera mis en œuvre qu’en 2032. Il ne sera introduit que dans les nouveaux lycées ou les grandes extensions, conclut le ministre de l’Éducation.
Le député Fred Keup (ADR) refuse d’en rester là. “Cela ne correspond absolument pas à ce qui avait été présenté en commission, où il avait clairement été indiqué qu’ils ne souhaitaient pas procéder ainsi. On peut encore éventuellement s’en accommoder. Mais en commission il a été dit : “Nous supprimerons les toilettes séparées pour garçons et filles”. C’est le projet de Mme Backes et de M. Meisch. Je ne sais pas… peut-être que Mme Backes dit une chose et M. Meisch une autre. C’est totalement nouveau. Dans ce cas, ils devraient dire : “Très bien, nous retirons le projet tel qu’il avait été prévu au sein de la commission”.”