Suspension du Docteur WilmesL’affaire ne revêt aucune dimension politique, selon la ministre de la Santé

Diana Hoffmann
adapté pour RTL Infos
 La ministre de la Santé réfute les critiques formulées vendredi par Philippe Wilmes lors d'une conférence de presse et affirme que le gouvernement est en train de mettre en œuvre l’accord de coalition. 
© René Pfeiffer

Le médecin orthopédiste suspendu Philippe Wilmes s’en est pris vendredi à la ministre de la Santé, Martine Deprez, lors d’une conférence de presse. Il a, à tout le moins, laissé entendre que la ministre aurait pu agir à son encontre pour des raisons de désaccord politique.

La ministre dément fermement cette interprétation et affirme assumer pleinement sa décision de suspension.

"Pourquoi aurais-je un conflit personnel avec le docteur Wilmes ? Je connais le Docteur Wilmes de manière indirecte à travers les négociations de coalition. Et pour le reste, je n’ai aucun conflit personnel avec le Docteur Wilmes", a déclaré Martine Deprez mercredi à la Chambre, en réponse à une question portant sur l’existence d’un éventuel différend personnel avec Philippe Wilmes.

Lors de la conférence de presse, Philippe Wilmes avait toutefois dressé un tableau différent. Il avait décrit leur collaboration d’un an et demi, entamée début 2024, comme plus intensive. Il estime que cela allait au-delà du fait de se connaître indirectement. Philippe Wilmes a évoqué des échanges de SMS ainsi que plusieurs rencontres personnelles avec la ministre.

Martine Deprez ne nie pas ces éléments. Elle précise n’avoir jamais affirmé n’avoir entretenu aucune relation de travail avec lui, ajoutant toutefois : "Je n’ai pas une relation de travail uniquement avec le docteur Wilmes. J’ai une relation de travail avec de nombreux médecins. Je parle avec beaucoup de médecins. Je reçois des documents de nombreux médecins. Il s’agit là d’une relation parmi d’autres."

Elle a réaffirmé n'avoir en tout cas aucun différend personnel avec lui.

Après que Philippe Wilmes a élaboré, en décembre 2024, un document stratégique sur l’avenir du secteur de la santé avec d’autres acteurs du secteur, un désaccord était apparu. "Personnellement, j’avais le sentiment qu’il y avait de moins en moins de volonté de mettre en œuvre ce que ce gouvernement s’était fixé comme objectifs", souligne Philippe Wilmes.

Dans une lettre adressée au Premier ministre par l’intermédiaire de Martine Deprez, il en était arrivé, le 12 octobre dernier, à la conclusion suivante : "Avec lui, l’accord de coalition n’est pas applicable. Il existe un blocage interne fondamental qu’elle ne parvient pas à surmonter. Elle ne peut pas et elle ne le veut pas."

Interrogée à ce sujet, Martine Deprez se montre toutefois imperturbable. De tels propos, affirme-t-elle, ne font que renforcer sa motivation à continuer de faire son travail. L’accord de coalition sera mis en œuvre, en concertation avec les fractions politiques, insiste-t-elle. À l’automne, celles-ci auraient d’ailleurs réaffirmé leur volonté de rester dans le système conventionné et de ne pas créer une société à deux vitesses.

Philippe Wilmes est également revenu sur des rumeurs lancées à la fin de l’année dernière, selon lesquelles la position de Martine Deprez au sein du gouvernement aurait été fragilisée, précisément en raison des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de l’accord de coalition.

" J’ai entendu de telles rumeurs, mais nous ne commentons pas ce genre de rumeurs. Ce sont des choses qui sont discutées à l’extérieur, elles ne sont pas discutées en interne", a réagi Martine Deprez à ce sujet.

Elle a toutefois souligné avoir la situation sous contrôle. Interrogée à ce propos, elle a précisé que le dossier Wilmes ne devait pas devenir une priorité absolue, mais qu’elle s’acquittait de sa mission. Elle se dit en accord avec sa décision et affirme n’avoir fait ni plus ni moins que ce que la loi prescrit.

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