
Les autorités luxembourgeoises ont-elles informé les citoyens suffisamment tôt des répercussions des incendies de forêt dans les Hautes Fagnes sur la qualité de l'air ? Plusieurs députés, dont certains du groupe CSV, ont souhaité ce lundi obtenir une réponse du ministère de l'Intérieur. Le fait que la première alerte, diffusée dimanche après-midi, ne mentionnait qu’une "odeur désagréable" a tout de même suscité une certaine inquiétude.
Peu avant 15 heures, la première notification a été diffusée via le système LU-Alert. À ce moment-là, aucune recommandation n’était donnée pour se protéger de la fumée. La priorité absolue était d’informer la population sans semer la panique, explique Alain Becker, chef de la Direction de la protection civile au ministère de l’Intérieur, lorsqu’on l’interroge à ce sujet. Le site web de LU-Alert diffusait également en continu des notifications et des informations.

Au moment où l'alerte a été lancée, il n'y avait aucun danger immédiat pour la population, affirme-il. Après la réunion d'une cellule d'évaluation dimanche après-midi, la population a été invitée, vers 20 heures via LU-Alert, à fermer ses portes et fenêtres par mesure de précaution. Plusieurs communes et services météorologiques avaient déjà émis cette recommandation plus tôt dans la journée.
"Nous sommes conscients que l'on nous reproche parfois de ne pas réagir aussi rapidement que d'autres", a déclaré Alain Becker. Cependant, poursuit-il, il incombe à l’État de prendre des mesures ou des décisions qui peuvent ensuite avoir un impact sur la société. "C’est pourquoi il est également important de garder un peu de recul".
Lundi matin, une cellule d'évaluation interministérielle s'est à nouveau réunie pour faire le point sur la situation. Entre-temps, le seuil journalier de particules fines a également été dépassé au Grand-Duché. En conséquence, il est toujours recommandé de garder les fenêtres et les portes fermées et de limiter au strict minimum les activités en extérieur, en particulier pour les personnes vulnérables. La concentration en particules fines devrait redescendre mardi, ajoute le communiqué.
Par ailleurs, la ministre de la Santé, Martine Deprez, et le Haut-Commissaire à la protection nationale, Guy Bley, n’étaient pas disponibles pour une interview. Toutefois, aucune nouvelle personne ne s’est présentée aux urgences pour des problèmes respiratoires, a précisé la ministre CSV en charge de ce dossier en réponse à une question de RTL.
À l'heure actuelle, on ne peut pas parler de risque sanitaire, confirme le Dr Gil Wirtz, chef du service de pneumologie du CHL. La pollution pourrait provoquer des symptômes légers, tels qu'une sensation de brûlure dans les yeux ou une irritation de la gorge, mais à long terme, cela n'entraînerait pas de problèmes pulmonaires. Le risque augmenterait bien sûr si la pollution persistait ou s'aggravait. Ce sont surtout les personnes souffrant de maladies pulmonaires chroniques qui pourraient alors développer des problèmes respiratoires.