Affaire TraversiniQuatre ans avec sursis requis pour prise illégale d'intérêts, détournement et faux

Diana Hoffmann
traduit pour RTL Infos
L'ancien député-maire Roberto Traversini comparaît actuellement devant le tribunal municipal pour prise illégale d'intérêts, entre autres.
De Roberto Traversini um éischte Prozessdag
© RTL

Il lui est également reproché d’avoir détourné des fonds publics et commis un faux.

Au terme de son réquisitoire, le procureur a requis à l’encontre de Roberto Traversini une peine de prison de quatre ans avec sursis intégral ainsi qu’une amende. En outre, il a requis une interdiction d’exercer un mandat public pendant cinq ans. Par conséquent, son droit de vote passif lui serait également retiré pendant cinq ans. Il ne pourrait donc pas être élu durant cette période.

Retour sur le réquisitoire du parquet

Au troisième jour du procès de Roberto Traversini pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds publics, le parquet a présenté son réquisitoire pendant deux heures. “Lorsque l’intérêt public et l’intérêt privé entrent en conflit dans l’exercice d’une fonction, il s’agit immédiatement d’une infraction”, a déclaré le procureur au début de son réquisitoire.

Il a précisé qu’il ne doit pas forcément s’agir de faits graves. Ensuite, il a passé en revue les différents faits reprochés à l’ancien bourgmestre de Differdange, en soulignant ceux qu’il considère comme particulièrement graves.

Ces faits concernent principalement des éléments en lien avec une maison à Niederkorn dont Roberto Traversini a hérité. Dans cette maison vivait un couple qui était comme des deuxièmes parents pour le prévenu.

“Roberto Traversini ne connaissait pas les procédures ou ne s’y intéressait pas”

Peu avant leur décès, les travaux autour de la maison se sont multipliés, à l’initiative du bourgmestre de l’époque, Roberto Traversini. Par exemple, la maison a été raccordée au réseau routier. Or, c’est le bourgmestre lui-même qui a demandé un devis, lequel a ensuite été accepté, ce qui constituait une violation de la loi sur les marchés publics.
Les déclarations de Roberto Traversini montrent qu’il ne connaissait pas les procédures ou qu’il ne s’y intéressait pas”, a souligné le procureur. Les deux sont tout aussi graves. Le bourgmestre a agi avec des fonds publics comme s’il s’agissait des siens, pour faire une faveur, en utilisant son pouvoir de bourgmestre.

Selon le procureur, les facturations pour le matériel des travaux réalisés par l’initiative pour l’emploi CIGL n’ont pas été effectuées correctement. Les ouvriers ont posé des dalles de trottoir autour de la maison dont Roberto Traversini devait hériter plus tard. Ces dalles ont été comptabilisées sous le poste budgétaire “école du vélo” de la commune.

Le travail lui-même n’a pas été facturé, sous prétexte qu’il s’agissait d’une formation pour le CIGL. Or, en théorie, ces travaux ne sont jamais gratuits et les formations chez des particuliers sont rares.

“Quelques arrangements”

Manifestement, il y a eu quelques arrangements”, a déclaré le représentant du parquet à propos d’une clôture contre les sangliers installée autour du terrain de la maison héritée à Niederkorn. La commande du matériel avait été signée par le bourgmestre et les frais réglés par la commune. La facture des travaux réalisés par le CIGL a été prise en charge par Roberto Traversini 15 mois plus tard, lorsque l’affaire de l’abri de jardin a éclaté.

Concernant le vote au conseil communal sur un projet de modification du PAG, qui incluait la parcelle de la maison à Niederkorn, le procureur a indiqué que Roberto Traversini avait intérêt à ce que la zone de jardins soit reclassée en zone résidentielle. Mais cela constitue l’un des aspects les moins graves de toute l’affaire. Les personnes exerçant un mandat public devraient à l’avenir réfléchir davantage à ce qu’elles votent.

Il a également considéré moins grave le fait qu’un stagiaire ait dessiné des plans pour des maisons privées. Ces maisons devraient être utilisées à l’avenir pour des projets sociaux. “Je comprends parfaitement qu’il y avait de bonnes intentions derrière, mais le Code pénal reste le Code pénal. Il a dit à un stagiaire, payé avec des fonds publics : ‘dessine des plans d’un bâtiment qui m’appartient ‘", a résumé le procureur.

“Il y a beaucoup, beaucoup plus qu’une erreur”

Globalement, le prévenu a travaillé de façon exemplaire et exercé ses mandats avec dignité. Mais trop de pragmatisme mène à des erreurs. “Quand on commet une erreur, on peut dire : c’était une erreur. Si cela s’était limité à l’abri de jardin, on pourrait dire : est-ce que cela en vaut la peine ? Mais ici, il y a beaucoup, beaucoup plus”, a souligné le procureur.

Autour de la maison à Niederkorn, il s’est passé soudain beaucoup de choses. “Est-ce un risque que l’on prend quand on a trop de casquettes ?”, a-t-il lancé. Ici, il y a manifestement des infractions au Code pénal.

Finalement, il a requis à l’encontre de Roberto Traversini une peine de prison de quatre ans avec sursis intégral ainsi qu’une amende. En outre, il a requis une interdiction d’exercer un mandat public pendant cinq ans. Par conséquent, son droit de vote passif lui serait également retiré pendant cinq ans. Il ne pourrait donc pas être élu durant cette période.

Sont également poursuivis dans ce procès la partenaire de Roberto Traversini et un fonctionnaire communal. Il leur est reproché d’avoir été coauteurs de certains faits mineurs.
Pour le fonctionnaire communal, le procureur a toutefois requis l’acquittement, et pour la partenaire de Roberto Traversini, uniquement une amende.

Le procès se poursuivra lundi avec la plaidoirie de l’avocat de Roberto Traversini.

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