
S'installer au Luxembourg quand on ne connaît pas le pays, ce n'est pas une mince affaire. En particulier pour ceux qui débutent dans le monde du travail. Javier Geisseler et Salvador Reynés l'ont appris à leur dépens lorsqu'ils sont arrivés au Grand-Duché. Entre les loyers élevés, les frais d'agence et les garanties exigées par les propriétaires, nombreux sont ceux qui n'ont d'autre choix que de se tourner vers le coliving ou la colocation.
Et là encore les prix restent élevés. C'est pourquoi certains passent par les réseaux sociaux pour trouver une chambre, parfois alors qu'ils ont déjà signé un contrat avec une entreprise basée au Luxembourg. Ils sont donc dans l'urgence et susceptibles de se faire tromper par les fausses annonces qui pullulent en ligne. C'est précisément pour cette raison que les deux Espagnols ont décidé de lancer, mi-2024, leur propre plateforme baptisée "Roomie Radar".
"On peut vite se sentir dépassé lorsqu'on cherche par soi-même", constate Javi Geisseler dans une interview accordée à RTL Infos. Roomie Radar ambitionne de devenir le point d'entrée de référence pour les expats qui se lancent dans le monde du travail luxembourgeois. Et c'est en faisant office de "filtre" qu'ils espèrent, lui et son associé, y parvenir. "Il y a beaucoup d'arnaques en ligne", nous confirme le jeune entrepreneur.

Près de deux ans après son lancement, la plateforme a gagné en visibilité et en crédibilité. Elle compte maintenant plus de 1.500 utilisateurs, près de 2.000 dossiers et elle gère approximativement 260 annonces. Une base solide qui repose sur des accords avec des propriétaires et des sociétés de coliving basées au Luxembourg. Ces derniers paient un forfait ("flat fee") pour publier leurs annonces sur la plateforme.
Le service reste "100% gratuit" pour les personnes à la recherche d'une chambre, Javier y met un point d'honneur. "Ils ont déjà du mal à se loger, on ne veut pas ajouter des frais", explique-t-il. Javier rappelle que Roomie Radar reste un intermédiaire entre offre et demande. "Les immeubles/chambres ne nous appartiennent pas", souligne-t-il en interview. Lui et son associé gèrent la plateforme et essaient de s'assurer de la légitimité des annonces qui apparaissent sur Roomie Radar.

Parce que c'est un vrai problème pour les portails immobiliers au Luxembourg, en particulier lorsque la situation se tend sur le marché de la location. Les fausses annonces sont légion sur les réseaux sociaux et s'invitent parfois sur les plateformes légitimes. Une problématique bien connue des deux entrepreneurs. "On essaie d'y remédier en visitant les chambres et en vérifiant les profils qui s'inscrivent chez nous", commente Javier.
Mais à deux et avec des jobs à plein temps, ce n'est pas toujours facile. Et pour l'instant, pas question d'embaucher alors que tout l'argent gagné est réinvesti dans le développement de la plateforme. Le but étant de développer le projet et de s'exporter à l'étranger quand le contexte y est favorable. Roomie Radar a d'ailleurs déjà un pied en Belgique et est en pourparlers avec des acteurs du marché norvégien.
"On a des listings à Bruxelles, Liège, Anvers... On discute avec des sociétés de colocation/coliving en Norvège et on aimerait s'implanter durablement en Espagne puisque c'est un marché qu'on connaît bien. Mais le Luxembourg reste évidemment notre priorité", déclare Javier Geisseler. Il nous confie néanmoins que leur ambition est de devenir, à long terme, la plateforme "numéro un" pour la location de chambres en Europe.