Crise au Moyen-Orient"Une situation géopolitique imprévisible et instable entraîne une volatilité extrême sur les marchés", selon Guy Hoffmann

François Aulner
traduit pour RTL Infos
Jeudi matin, les répercussions de la guerre en Iran sur l'économie étaient le thème de l'émission de RTL Radio, "L'invité de la rédaction".
© François Aulner

La situation au Moyen- Orient est “presque du déjà‑vu avec l’invasion russe de l’Ukraine il y a quatre ans”, a déclaré jeudi matin sur RTL Guy Hoffmann, le vice‑président de l’Association des banques et banquiers luxembourgeois (ABBL) et président de la Banque Raiffeisen. “Je dirais presque que les investisseurs, donc les personnes qui sont aujourd’hui engagées sur les marchés, se sont presque habitués au fait que, une à deux fois par an, une situation géopolitique imprévisible et instable entraîne une volatilité extrême sur les marchés. Or, la volatilité est quelque chose qui s’accorde très mal avec les métiers de la finance.” La hausse des prix de l’énergie pourrait à nouveau entraîner des réactions en chaîne. Il est encore trop tôt pour dire quelles conséquences la volatilité actuelle des marchés financiers aura pour le Luxembourg et l’Europe. Tout dépendra de la durée réelle du conflit au Moyen‑Orient.

En tant que banquier, Guy Hoffmann estime toutefois déjà avoir “deux ou trois éléments sur le radar”. Premièrement, l’impact sur les capitaux des investisseurs et des banques elles‑mêmes ; deuxièmement, la hausse des prix de l’énergie, qui a des répercussions sur la solvabilité des entreprises et des ménages et troisièmement, le risque d’une hausse des taux d’intérêt.

Quand les prix augmentent, le réflexe est de relever les taux. Mais augmenter les taux freine l’économie, qui, selon Guy Hoffmann, “montre une croissance faible dans l’Union européenne et au Luxembourg depuis quatre ou cinq ans”. Il ne faudrait pas grand-chose pour que cela “bascule”. Les responsables politiques et les banques centrales se trouvent dans une situation “délicate”.

Le banquier souligne également que, même si les bourses se sont déjà quelque peu “corrigées” en quelques jours et que l’on attendait plutôt une baisse des taux avant le conflit, une baisse semble désormais beaucoup moins probable.

Les banques ne sont pas mieux loties que les citoyens

Nous sommes tout aussi fatigués que les citoyens dehors ", explique Guy Hoffmann, président de la banque Raiffeisen. Outre le conflit en Iran, il existe aussi les taxes punitives américaines sur les importations, mais aussi d’autres défis pour les banques. Un “sujet récurrent” est la réglementation, devenue tellement “colossale” qu’il a l’impression qu’elle commence aussi à “taper sur les nerfs” des clients. L’ABBL a déjà formulé des propositions concrètes à ce sujet.

Il y a ensuite le volet “technologies de l’information” : la numérisation et l’intelligence artificielle, pour lesquelles les banques ne sont pas mieux loties que le reste de la population. La cybersécurité les préoccupe beaucoup, coûte beaucoup d’argent, et s’ajoutent à cela les nouveaux comportements des clients, qui souhaitent par exemple être servis 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Guy Hoffmann se dit fier que sa banque, la Raiffeisen, maintienne un “bon équilibre” entre le contact personnel avec les clients et en même temps “une banque en ligne où les clients peuvent effectuer leurs opérations quotidiennes et répondre à 80 à 90 % de leurs besoins”. Pour la Raiffeisen, “il est tout aussi important, dans toute cette numérisation, d’en tirer ce qui facilite la relation entre le client et la banque, sans pour autant remplacer la relation avec le client.” La banque avance ainsi sur “deux rails”.

Concernant l’intelligence artificielle, Guy Hoffmann ne pense pas qu’elle présente davantage de risques pour les banques, puisqu’elle peut également être utilisée pour lutter contre la criminalité. Sans parler des avantages qu’elle offre pour simplifier des tâches de routine comme les rapports.

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