
Après l’assemblée générale de l’Horesca à Mondorf, il s’avère que la situation du secteur est actuellement très contrastée. Alors que l’hôtellerie peut se réjouir d’une bonne année, la situation reste plus difficile dans la restauration, et c’est surtout le cas pour les cafés. L’ancien secrétaire général et nouveau directeur, Steve Martellini, l’a résumé ainsi : “L’hôtellerie est globalement très positive”, mais la restauration est “un peu plus compliquée” et les cafés restent “notre enfant à problèmes”.
L’un des plus grands problèmes du secteur horeca reste le manque de personnel. Auquel il faut ajouter l’absentéisme qui, selon l’Horesca, ne concerne pas uniquement le secteur lui-même, mais pèse au quotidien sur de nombreuses entreprises. Au sein d’un groupe de travail appelé “Let’s Act”, la fédération a travaillé pendant plusieurs mois avec des professionnels de terrain pour élaborer des propositions qui ont ensuite été transmises aux responsables politiques. Pour l’Horesca, il faut une réponse allant au-delà du simple contrôle.
Parallèlement, la fédération souhaite accompagner ses membres de manière plus étroite, notamment grâce à un nouveau conseiller. Davantage de formations et de partenariats visant à offrir des avantages concrets devraient également renforcer le lien avec le terrain. Steve Martellini explique qu’il s’agit “d’aller vraiment sur le terrain, parler avec les gens et résoudre les problèmes ensemble”. De nouvelles voies de formation pour les personnes sans qualification formelle sont également en préparation.
Le président de l’Horesca, Alain Rix, reconduit dans ses fonctions, a surtout insisté sur la réalité économique. Les clients continuent certes de fréquenter les établissements, mais “le client a un peu moins en poche”. Dans le même temps, les coûts augmentent, ce qui met particulièrement sous pression les petites entreprises. Ce qui inquiète le plus la fédération Horesca, c’est l’évolution des cafés, car les bistrots traditionnels disparaissent de plus en plus.
Le ministre de l’Économie, Lex Delles, a souligné que la situation concernant les prix de l’énergie était suivie de très près. Le président de l’Horesca, Alain Rix, avait auparavant insisté sur le fait qu’en cas de nouvelles hausses de prix, un “rendez-vous avec le gouvernement” serait immédiatement pris afin d’examiner comment alléger les charges des entreprises. Lex Delles a rappelé qu’un premier soutien concret existait déjà pour l’hôtellerie et la restauration, notamment via les investissements et les coûts de réseau. Il a également évoqué une évolution positive dans le secteur avec davantage d’établissements horeca, plus d’emplois et une excellente année touristique 2025 pour l’hôtellerie.
Outre les coûts, la question des investissements reste également en chantier. Alain Rix a critiqué le fait que de nombreuses entreprises avaient du mal à obtenir des prêts auprès des banques. Lex Delles a renvoyé à un prêt SNCI (Société Nationale de Crédit et d’Investissement) à taux zéro pouvant aller jusqu’à 200.000 euros, avec un remboursement ne débutant qu’après quatre ans. L’Horesca estime également nécessaire de réformer le système de concessions avec les brasseries. Le secteur demande une réglementation plus libre et plus simple.
Malgré toutes les difficultés, l’Horesca ne voulait toutefois pas se concentrer uniquement sur les problèmes. Avec des événements tels que l’Expogast, des formations et des initiatives telles que la campagne “Bewosst” pour davantage d’inclusion, le secteur souhaite montrer qu’il a aussi un avenir. C’est pourquoi Alain Rix a conclu avec un message positif : les gens ne devraient pas toujours voyager loin, mais aussi découvrir le Luxembourg. Le pays a beaucoup à offrir.
Outre Lex Delles, le ministre du Travail Marc Spautz et le ministre des Affaires intérieures Léon Gloden ont assisté à l’assemblée générale de l’Horesca à Mondorf. Trois ministres présents : la fédération Horesca y a vu un signe que les enjeux du secteur sont pris au sérieux.