
Selon cette enquête en ligne publiée mardi et réalisée du 23 juillet au 5 août par Ipsos/BVA, seulement un quart des jeunes jugent que "les responsables politiques comprennent leurs difficultés quotidiennes" et "prennent des décisions qui vont dans l'intérêt des jeunes".
En dépit de cette défiance, 80% des jeunes déclarent avoir l'intention d'aller voter à la présidentielle. Un chiffre à prendre avec précaution, selon le directeur général d'Ipsos Brice Teinturier, car seulement 55% se disent "certains" d'aller voter, ce qui lui a fait craindre, lors d'une conférence de presse, "une démocratie confisquée par les seniors".
Les autres invoquent la croyance que "leur vote ne changera rien" comme premier motif de leur abstention. L'enquête montre un décalage entre la vie individuelle, avec 77% de jeunes se disant "satisfaits de leur vie", et un pessimisme généralisé pour tout ce qui est collectif.
Seuls un quart des jeunes sont ainsi confiants sur l'avenir de la France, même si le chiffre varie du simple au double (16% contre 32%) selon qu'on est en "difficulté financière" ou "à l'aise".
Ainsi 89% pensent qu'ils devront travailler plus longtemps que les générations précédentes ; 86% estiment qu'ils auront davantage de difficultés à accéder à la propriété ; 84% anticipent davantage de difficultés à trouver un emploi stable.
Près de huit sur dix (79%) ont déjà envisagé de construire leur vie ailleurs qu'en France, dont 34% sérieusement.
Comme le reste de la population, le pouvoir d'achat est la préoccupation largement dominante des jeunes, devant l'insécurité. Mais la protection de l'environnement et la lutte contre les discriminations et les inégalités sociales sont "des marqueurs beaucoup plus forts", selon Brice Teinturier.
L'enquête teste aussi une dizaine de propositions travaillées par un groupe de 200 jeunes ("collectif Jeunesse 2027") rassemblés cet été par l'université d'Aix-Marseille et un groupe de réflexion, le cercle des économistes.
Ces propositions vont être remises aux aspirants à la présidentielle qui ont déjà accepté de rencontrer le collectif, comme François Hollande, Marine Tondelier ou Edouard Philippe, ont expliqué leurs promoteurs.
Les propositions les plus approuvées sont notamment: "Proposer un bilan de santé gratuit à tous les jeunes de 20 ans" ; "Rendre obligatoire la prise en compte des résultats des pétitions, conventions citoyennes et référendums d'initiative citoyenne" ; "Faire de la protection du vivant une priorité nationale régalienne" ; "Imposer que l'impact sur le climat et la biodiversité soit un critère majeur des appels d'offres"; "Améliorer la garantie locative publique existante en la rendant unique et plus simple" ; "Instaurer une heure de cours d'orientation toutes les deux semaines" dès le collège pour lutter contre "le déterminisme social"; "Mettre en place des ateliers de sensibilisation à la santé mentale à chaque étape de la scolarité" ou encore "garantir un recours anti-discrimination pour chaque recherche de stage".
Ces propositions sont "concrètes", "pas dans la radicalité" et inscrites "dans une vision du monde où on se soucie davantage de l'autre", a noté M. Teinturier.