
Le procureur de Bruxelles avait sonné l'alerte vendredi face à une nouvelle série de fusillades liées au narcotrafic dans la ville, appelant à renforcer la police judiciaire pour démanteler les réseaux criminels.
La manifestation, organisée par plusieurs associations, s'est déroulée dans une ambiance familiale à Saint-Gilles, commune populaire du sud de Bruxelles où les fusillades se sont multipliées ces dernières semaines, avec notamment une chorale d'enfants et des animations musicales.
"Il y en ras le bol des violences des gangs, du deal ouvertement dans tous les lieux où jouent les enfants", a déclaré auprès de l'AFP Niels Ladefoged, Saint-Gillois et fonctionnaire européen.
"Les autorités ne font pas assez pour protéger nos enfants, personne ne se sent responsable, ils se renvoient la balle", a-t-il ajouté.
"Les enfants sont confrontés à des situations qui leur font peur", a affirmé Dorothée Bernier, 51 ans, membre du collectif citoyen La ville aux enfants. "J'ai une fille de 13 ans qui a eu peur de rentrer chez nous car un mec se défonçait devant chez nous", a-t-elle confié à l'AFP.
Quelque 170 fusillades ont eu lieu à Bruxelles depuis 2025, dont 69 cette année.
En 2025, deux personnes avaient été tuées par ces tirs, dont l'écrasante majorité est liée au trafic de drogue.
Cette nouvelle vague de fusillades, dont trois en trois jours à la fin du mois d'août, a notamment cette fois visé un commissariat de quartier, mitraillé à la Kalachnikov par deux individus cagoulés.
"N'importe qui peut se prendre une balle", a averti vendredi devant la presse le procureur Julien Moinil.
La Belgique est l'une des plaques tournantes du trafic de drogues en Europe, et depuis quelques années les violences armées se sont intensifiées entre réseaux rivaux, pour le contrôle de points de deal.