
Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, grimpait de 3,11% à 110,20 dollars vers 5h00 ce jeudi.
A la même heure, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, flambait lui de 5,61% à 124,65 dollars, quelques minutes après avoir grimpé d'environ 7,5% à 126,41 dollars.
Il s'agit de son plus haut niveau depuis le début du conflit au Moyen-Orient il y a deux mois, et d'un sommet depuis mi-2022, lorsque l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe avait provoqué une flambée des cours.
Les cours confortent donc leurs gains après s'être déjà envolés en cours d'échanges mercredi, le WTI avait bondi de presque 7% et le Brent de 6%.
Le marché est dopé par la perspective d'un blocage prolongé du détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du brut mondial, et déjà paralysé depuis fin février.
Selon un haut responsable de la Maison Blanche, Donald Trump a évoqué une possible prolongation "pendant plusieurs mois" du blocus américain des ports iraniens. Et ce, alors que Téhéran maintient son propre blocage du détroit pour les navires pétroliers voulant en sortir.
Jeudi, des informations du média américain Axios ont par ailleurs électrisé le marché: le président américain Donald Trump devrait recevoir jeudi un briefing sur les nouveaux plans d'une éventuelle action militaire en Iran, assure-t-il, citant deux sources proches du dossier.
De quoi raviver les incertitudes sur les perspectives au Moyen-Orient et laisser présager une prolongation durable des perturbations sur les approvisionnements d'hydrocarbures.
"Le contexte géopolitique ne montre aucun signe d'apaisement (...). Les capacités de stockage saturent (dans le Golfe), les exportations sont limitées et le risque ne se limite plus à la simple perte d'approvisionnement, mais englobe désormais la baisse durable de production", avertissait en début d'échanges Stephen Innes, de SPI Asset Management.
"Lorsque le pétrole brut ne peut plus circuler, les puits ferment, et lorsque cela se produit en situation de crise, la remise en service n'est ni immédiate ni garantie. C'est ainsi qu'une perturbation temporaire se mue en un problème plus structurel", souligne-t-il.
"Le marché ne semble pas encore intégrer pleinement la détérioration potentielle des fondamentaux qu'un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait entraîner", abonde Anthony Kettle, gestionnaire chez RBC Bluebay Asset Management, cité par Bloomberg.
La monnaie américaine restait stable face à la devise japonaise, à 160,51 yens pour un dollar vers 5h00 GMT.
Le dollar reprend son souffle après avoir grimpé mercredi, porté à la fois par la perspective d'un long blocage du détroit d'Ormuz, qui fait flamber le pétrole, et par une banque centrale américaine (Fed) peu disposée à baisser les taux dans un avenir proche.
Perçu comme une valeur refuge par les investisseurs, qui ont tendance à l'acheter en cas d'inquiétude, le billet vert s'est renforcé à mesure que les cours du pétrole grimpaient.
L'or effaçait ses gains complètement pour retomber à 4.549 dollars l'once: le métal jaune pâtit des perspectives d'inflation dopée par les prix énergétiques, susceptibles de pousser les banques centrales à relever leur taux. Ce qui est défavorable à l'or, actif ne générant aucun intérêt.