MIPIM 2026Le Japon veut accélérer sa "transformation verte"

Gaël Arellano
Les projets ambitieux se multiplient au Japon pour accélérer la "transformation verte" du pays qui a lancé mardi un appel aux investisseurs présents au MIPIM 2026.
© H. THOUROUDE / IMAGE&CO

Le Japon est à la croisée des chemins. Le pays est très exposé au changement climatique et il le sait. Les dernières études de l’OECD le montrent : les grandes métropoles japonaises font partie des “hotspots” qui souffriront le plus à l’avenir des vagues de chaleur. C’est pourquoi des mesures ont été mises en place pour favoriser les construction “vertes”. Et dans cet élan, de nombreux projets ambitieux ont vu le jour.

On pense notamment à la ville de Yokohama qui est en train de réinventer les espaces urbains en alliant nouvelles technologies, végétalisation des espaces et mobilité électrique. Entre les parcs, les plateformes off-shore de panneaux photovoltaïques, les toits végétalisés et les routes solaires, la deuxième plus grande ville du Japon a lancé sa “transformation verte”.

L’objectif étant de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 50% à l’horizon 2030 pour atteindre ensuite la neutralité carbone en 2050. Des objectifs que Yokohama n’arrivera à atteindre que si le secteur privé met la main à la pâte. Un message repris par Kentaro Kanebako et que l’on entend de plus en plus dans le secteur immobilier. Car si les initiatives étatiques ont du bon, ce sont souvent les investisseurs qui décident du devenir des grands projets immobiliers.

Parallèlement, le Japon a également parié sur la cultivation de forêts destinées à produire du bois pour la construction de bâtiments. Lors d’une conférence organisée par le pavillon japonais, Akiko Nakama, de Sumitomo Forestry, a expliqué que le bois n’était récolté que lorsque ses capacités de stockage de CO2 se détérioraient, soit au bout de 50 ans. Un réservoir dans lequel le secteur de la construction pourra puiser à l’avenir pour construire “plus vert”.

Mais le pays se confronte à un vrai défi puisqu’il fait partie des pays de l’OECD qui ont le moins de surface verte disponible. Il devra donc envisager toutes les alternatives possibles. Des toits et des façades végétalisées sont bien évidemment prévues. Les avenues, jadis recouvertes de béton, devraient à nouveau accueillir des arbres. Le but étant de réguler au mieux la température dans les villes lors des épisodes de fortes chaleurs.

Le Japon doit rattraper son retard”, a insisté Tadashi Matsumoto, représentant de l’OECD au pavillon japonais. Il a profité de l’occasion pour lancer un appel au savoir-faire étranger. S’il est confiant en les capacités technologiques du Japon, il rappelle que le pays a pris beaucoup de retard sur un bon nombre de pays européens, en ce qui concerne la construction écologique.

C’est d’ailleurs ce qui en ferait un terrain d’investissement idéal pour les entreprises spécialisées, a-t-il insinué. La bouteille a été jetée à la mer, reste à savoir qui répondra à l’appel.

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