
Laurent Nuñez a reconnu lundi "une perte de contrôle" des forces de l'ordre dans "certaines grandes villes" samedi lors de la journée de mobilisation contre la vie chère, émaillée de violences et de pillages.
Le ministre de l'Intérieur, dont la démission a été refusée dimanche par Emmanuel Macron, a reconnu également sur France Inter "un manque d'anticipation" samedi dans la mobilisation des forces de l'ordre, dont l'effectif était sous-dimensionné face aux casseurs et pilleurs venus en masse en marge des manifestations.
Il a donné le chiffre de "60.000" policiers et gendarmes mobilisés samedi sur tout le territoire. Le 8 décembre 2018, lors du mouvement des gilets jaunes, 80.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés, 89.000, il y a un an pour le mouvement "Bloquons tout".
Comme on lui demandait à plusieurs reprises si la situation avait été "hors de contrôle" samedi, il a fini par concéder: "Oui, samedi dans certaines grandes villes, vous ne pouvez pas regarder les commerçants en face quand vous avez des centaines de commerces qui ont été pillés et dire qu'on n'a pas perdu le contrôle sur certaines de ces grandes villes".
Quant à sa démission, il a expliqué l'avoir remise "parce qu'(il) est responsable de tout ce qui se passe". "J'ai remis ma démission au président de la République pour ces raisons. Moi, j'ai été haut fonctionnaire, j'ai un sens de l'intérêt général. Et vu les dégâts qu'il y a eus, il était normal que je remette ma démission".
Laurent Nuñez a mis en cause sans les nommer des responsables politiques. "Moi, je prends ma part de responsabilité. Mais il ne faut pas que ces débats viennent éluder le fait qu'on a eu des casseurs, des pilleurs, des militants d'ultragauche", a-t-il dit, estimant que des responsables politiques de gauche "ne dénonçaient pas avec la vigueur qu'ils devraient avoir ceux qui s'en sont pris aux forces de l'ordre de manière extrêmement violente".
S'agissant des violences et pillages qui se sont déroulés dimanche et dans la nuit dans Paris, le ministre a affirmé que "350" personnes avaient été interpellées - 351 exactement, a tweeté la préfecture de police.