
Ces déclarations surviennent alors que les Américains ont commencé à voter lors d'élections cruciales à valeur de référendum sur Donald Trump, sur fond de mécontentement face à la hausse du coût de la vie et la guerre au Moyen-Orient, plus de huit mois après son déclenchement par une attaque israélo-américaine contre l'Iran.
Le Wall Street Journal et d'autres médias avaient fait état plus tôt de frappes menées lundi sur l'île de Qeshm, dans le stratégique détroit d'Ormuz.
Des responsables américains anonymes cités par ces médias ont précisé que cette attaque s'inscrivait dans une série de frappes "limitées" et "défensives" menées ces dernières semaines mais sans être annoncées, pour éviter de donner l'impression d'une reprise d'opérations de grande envergure.
Les Iraniens "ont construit une infrastructure anti-aérienne. Cela leur a pris environ deux mois. Nous l'avons regardé se construire. Dès que c'était terminé, nous l'avons frappée hier soir", a déclaré Donald Trump à la chaîne Fox News.
L'agence de presse officielle iranienne Irna avait plus tôt fait état de cinq explosions entendues sur l'île, et rapporté que des habitants avaient vu deux avions dans le ciel.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que Téhéran se réservait le droit de se défendre.
"Personne ne tirera avantage de cette guerre", a affirmé de son côté M. Pezeshkian lors d'une réunion du cabinet, ajoutant que son gouvernement s'efforçait de trouver une issue au conflit "par le dialogue".
Il a mis en avant que le guide suprême lui avait accordé des "pouvoirs" pour aborder dans ces pourparlers "des questions considérées auparavant comme tabou", sans plus de précisions.
La première phase de la guerre au Moyen-Orient, la plus intense, a fait des milliers de morts civils en près de 40 jours de bombardements initiés le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin.
Cette fragile entente avait volé en éclats cet été, avec la reprise des échanges de frappes, l'Iran ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région. Une accalmie est observée depuis début septembre.
Ces derniers jours, des médias évoquaient une possible campagne militaire courte et intense dans la foulée des élections de mi-mandat après une série de déclarations belliqueuses américaines et israéliennes. Mais le ton s'est fait plus diplomatique au long du week-end, des deux côtés.
Le Qatar, médiateur dans le conflit, a assuré mardi que "les deux parties restaient engagées dans le processus de négociation".
Toute escalade risque de compliquer les négociations, a-t-il toutefois mis en garde.
"La balle est désormais dans le camp des États-Unis pour éviter la guerre", a déclaré pour sa part mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.
Lundi, les deux parties s'étaient montrées optimistes, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi évoquant des discussions diplomatiques "très intenses" et le président américain assurant ensuite sur sa plateforme Truth Social qu'un accord avec l'Iran "pourrait arriver".
Lundi, Téhéran a proposé de rouvrir le détroit d'Ormuz, en deux jours au lieu de sept dans un plan précédent, proposé en septembre mais refusé par Donald Trump.
Depuis le début de la guerre, l'Iran verrouille ce détroit stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures et frappe régulièrement des navires qui tentent de le franchir sans son autorisation.
En représailles, les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. Mardi, M. Trump a affirmé une nouvelle fois que son pays contrôlait le détroit d'Ormuz. "Nous en avons le contrôle total avec le blocus", a-t-il dit à Fox News.
L'Iran conditionne la réouverture du détroit à un cessez-le-feu sur l'ensemble des fronts dans la région, au dégel de ses avoirs détenus à l'étranger, à la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu'à la fin du blocus naval américain.
Téhéran réclame aussi l'acceptation par Washington d'un "nouvel itinéraire convenu entre l'Iran et Oman" pour le transit par le détroit.