
La Cour suprême a refusé mardi d'octroyer un sursis à Christa Pike, et le gouverneur du Tennessee n'a pas commué sa peine. L'exécution doit avoir lieu à 10H00 heure locale (15H00 GMT) à Nashville.
"Je maintiens la sentence de l'Etat du Tennessee et n'ai pas l'intention d'intervenir", a déclaré lundi le gouverneur Bill Lee, cité par le Washington Post.
Les avocats de Christa Pike, qui avait 18 ans au moment des faits, ont affirmé avoir "le coeur brisé" par ce refus du gouverneur de commuer sa peine en prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle, selon le quotidien de la capitale américaine.
Christa Pike a été condamnée à mort en 1996 pour le meurtre l'année précédente de Colleen Slemmer, 19 ans, qui, comme elle, était inscrite dans le programme de formation professionnelle Job Corps, à Knoxville, dans le Tennessee. Son petit ami de l'époque, âgé de 17 ans, a été condamné à la prison à vie pour ce meurtre, selon l'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC).
"Christa sera la première personne qui était adolescente au moment du crime que le Tennessee exécute dans l'ère moderne de la peine de mort et la première femme exécutée par l'Etat en plus de 200 ans", ont déclaré les avocats de Mme Pike, cités par le DPIC.
"J'étais une enfant de 18 ans malade mentale. Cela m'a pris de nombreuses années pour parvenir à réaliser la gravité de ce que j'avais fait", a déclaré Christa Pike, citée dans le document soumis au gouverneur pour demander sa commutation de peine, relayé par le DPIC.
"Ca me rend malade maintenant de penser que j'avais la capacité de commettre un tel crime", a-t-elle regretté.
Christa Pike était atteinte d'un trouble bipolaire et de stress post-traumatique depuis son enfance, mais n'a été diagnostiquée qu'après sa condamnation à mort, écrivent ses conseils.
"Christa était une enfant qui a enduré des viols répétés, des violences sexuelles, abandon et de profonds traumatismes. Au moment du crime, elle portait en elle les cicatrices de cette violence, de cette négligence et d'une maladie mentale non traitée", estiment-ils.
Début septembre, des experts mandatés par l'ONU ont appelé les autorités américaines à "suspendre immédiatement" l'exécution.
Selon l'observatoire Death Penalty Information Center, 18 femmes condamnées à mort ont été exécutées aux Etats-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, sur 1.683 exécutions.
La dernière, Amber McLaughlin, 49 ans, a été la première femme transgenre à être exécutée, en 2023.