Politique luxembourgeoiseLes Verts critiquent vivement la coalition CSV-DP lors de leur congrès à Diekirch

Pit Everling
Réunis samedi à Diekirch, les membres de Déi Gréng n’ont pas ménagé leurs critiques à l’égard du gouvernement. Logement, fiscalité, climat ou politique migratoire: les sujets de désaccord avec la coalition CSV-DP ont été nombreux.
De Kongress vun deene Gréngen zu Dikrech.
© Pit Everling

Près de 160 membres de Déi Gréng se sont réunis samedi à Diekirch, dans l’ancienne scierie (« Aaler Seeërei »), à l’occasion du congrès du parti. Au programme des discussions: la situation internationale, le logement, la fiscalité ou encore la politique climatique.

Sans surprise, les critiques à l’égard de la coalition gouvernementale CSV-DP ont été nombreuses.

“Nous sommes là pour rester, même lorsque le vent souffle fort”, a lancé l’eurodéputée Tilly Metz. Une phrase qui reflète l’état d’esprit du parti, alors que les Verts ont subi un sérieux revers lors des élections législatives de l’automne 2023, manquant de peu une sortie quasi complète de la Chambre.

Inquiétudes face au contexte international

L’actualité internationale suscite toutefois des inquiétudes chez les écologistes. La coprésidente Stéphanie Empain a appelé le gouvernement luxembourgeois à se positionner clairement en faveur du respect des règles internationales.

Elle estime également que la situation actuelle montre à quel point l’Europe doit renforcer son indépendance énergétique.

Les Verts ont par ailleurs vivement réagi aux propos du ministre de l’Intérieur Léon Gloden (CSV), qui avait déclaré sur RTL trouver « étrange » que des hommes ukrainiens quittent leur pays au lieu de se battre.

“Ce qu’il a dit n’était pas seulement insensible, c’était, qu’il l’ait voulu ou non, une représentation erronée des faits”, a dénoncé le coprésident du parti François Benoy.

Critiques sur la politique migratoire et économique

François Benoy s’est également montré très critique envers la gestion des réfugiés au Luxembourg, affirmant qu’il avait “honte” de la situation actuelle. Selon lui, les conditions dans certaines structures d’accueil seraient inacceptables.

Il accuse par ailleurs le gouvernement de se concentrer presque exclusivement sur l’économie, tout en soulignant que celle-ci ne fonctionnerait pas mieux pour autant.

Logement, fiscalité et climat au cœur des revendications

La présidente du groupe parlementaire Sam Tanson a rappelé que la politique climatique ne pouvait pas être réduite à un simple “choix de style de vie”.

Les Verts réclament notamment une hausse du salaire minimum et de la pension de base. En matière fiscale, ils estiment que les plus hauts revenus bénéficient actuellement d’allègements trop importants.

Sur la question du logement, le parti plaide pour un plafonnement des loyers, une taxation des terrains et logements laissés vacants, ainsi qu’une augmentation du nombre de logements publics.

En conclusion de son discours, Sam Tanson a évoqué la vision des écologistes pour le pays : “Un pays où le logement devient abordable, qui investit massivement dans les énergies renouvelables, qui n’exclut personne et où la sécurité et les droits humains vont de pair.”

Les Verts souhaitent également renforcer leurs structures internes. De nouveaux statuts doivent notamment permettre au parti d’être davantage présent au niveau local.

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