
Les “tendances fascistes et impérialistes de la Maison Blanche” devraient susciter de grandes inquiétudes, car elles visent à détruire l’Europe de l’intérieur, a déclaré le député LSAP Franz Fayot. Mais la coalition CSV-DP ne s’y oppose pas suffisamment, ont critiqué mercredi non seulement les socialistes, mais surtout aussi les Verts et déi Lénk.
La décision de la Spuerkeess en début d’année de fermer, ici au Luxembourg, des comptes du Tribunal pénal international (TPI) a de nouveau suscité un large débat. Cette décision était intervenue après que l’administration Trump avait imposé des sanctions aux juges de ce tribunal. Selon Franz Fayot, la banque aurait alors agi de manière précipitée. Le député LSAP a parlé de “soumission anticipée” à la tribune de la Chambre. La Banque et Caisse d’épargne de l’Etat avait demandé l’avis du gouvernement et il aurait fallu clairement lui répondre qu’il n’était pas envisageable de fermer les comptes “d’un pilier du système juridique international”, selon le député socialiste. Mais il n’y a rien eu de tel.
Un engagement clair en faveur du Tribunal pénal international n’est finalement venu du Premier ministre que mercredi, après de multiples demandes, notamment de la part de la présidente de la sensibilité politique des Verts, Sam Tanson, qui avait déjà posé des questions parlementaires sur le sujet après les révélations du Luxemburger Wort. “Objectivement parlant”, a finalement déclaré Luc Frieden, il est évidemment content que le Tribunal pénal international ait des comptes au Luxembourg. Mais il a ajouté ne pas savoir pourquoi la Spuerkeess avait mis fin à cette relation : il n’est ni membre de la BCEE, ni ministre des Finances. Et ce n’est définitivement pas dans les compétences d’un Premier ministre de décider quels comptes une banque ferme. Ces explications n’ont que très peu satisfait les partis d’opposition de gauche
Globalement, Luc Frieden a une nouvelle fois plaidé en faveur des relations transatlantiques. Oui, les Européens doivent veiller à devenir plus autonomes, mais les Américains doivent rester le principal allié. Il y a toujours eu, par le passé, des tensions entre Européens et Américains. C’est également l’argument qu’avait déjà avancé le chef de fraction CSV, Laurent Zeimet, en estimant que l’on ne serait pas aujourd’hui dans une relation de dépendance aussi forte vis‑à‑vis des Américains si l’on avait réagi plus tôt dans le passé.
Sam Tanson avait déjà interrogé le ministre CSV des Finances sur le même sujet il y a 14 jours à la Chambre. Gilles Roth s’était alors principalement retranché derrière le secret bancaire et avait expliqué que le Tribunal pénal international avait lui‑même retiré ses fonds. Il ne pouvait pas non plus exclure que tout cela se soit fait “d’un commun accord”.
Il avait ensuite précisé que la Spuerkeess effectuait de nombreuses transactions en dollars américains. Les sanctions aux États‑Unis doivent donc toujours être intégrées dans l’évaluation interne des risques. Le gouvernement, même dans le cas de la “banque de l’État”, ne peut pas interférer dans cette évaluation des risques.