
Au premier tour déjà, deux communes avaient été remportées par le parti de Jordan Bardella, avec notamment une première dans les Vosges, Nomexy, 1.900 habitants en périphérie d’Epinal, avec l’élection de Yann Traiteur, 19 ans.
Fabien Engelmann, 46 ans, avait lui été facilement reconduit pour un troisième mandat à Hayange (Moselle).
Dimanche, deux nouvelles communes de Moselle, dont le parti à la flamme rêvait de faire un nouveau fief, ont élu un maire RN: Hervé Simon, 57 ans, à Saint-Avold (15.000 habitants, proche de la frontière allemande) et Grégoire Laloux, 30 ans, à Amnéville (10.000 habitants).
“On avance”, a commenté, sur les réseaux sociaux le député RN de la Moselle, Kévin Pfeffer.
Le RN a aussi remporté sa première mairie en Meurthe-et-Moselle, Val-de-Briey, commune de 7.000 habitants où réside le député RN Frédéric Weber, qui a salué une “réussite”.
Il devient aussi la première force d’opposition à Metz (120.000 habitants), où Etienne Anstett, 26 ans, est arrivé en deuxième position avec 17,63% des voix, très loin derrière le maire sortant François Grosdidier (50,56%) et juste devant l’alliante LFI - EELV de Charlotte Leduc et Jérémy Roques (17,41%).
A Saint-Avold, M. Simon, ancien gendarme, a recueilli 43,29% des voix et a devancé ses adversaires, le candidat centriste Tristan Atmania (35,12%) et le maire sortant René Steiner (21,51%). L’ancien maire André Wojciechowski (droite, 15,9% au premier tour), qui était qualifié pour le second tour, s’était retiré pour “faire barrage au RN”, regrettant l’absence de “front commun” contre le parti à la flamme.
“René Steiner (...) a vendu la ville au RN”, a regretté M. Atmania sur Ici Lorraine.
Mais le jeu des retraits ou des fusions de liste n’a pas non plus permis aux candidats non-RN de l’emporter à Amnéville. Grégoire Laloux y a remporté l’élection haut la main avec 58,50% des voix, dans un duel l’opposant à la fusion des trois listes, dont celle du maire sortant, qui s’étaient qualifiées à l’issue du premier tour. Un pari motivé par “le risque de voir notre ville basculer vers l’extrême droite”, selon le maire sortant (divers droite), Eric Munier.
Grégoire Laloux a réagi auprès du Républicain Lorrain à son élection dimanche en évoquant une “fusion de la honte, une alliance contre nature” de ses adversaires, qui a “provoqué chez beaucoup (d’électeurs) un ras-le-bol et surtout une volonté de refuser ce système dicté depuis l’extérieur”.
A droite et au centre, “il y a beaucoup de divisions qui permettent au RN de l’emporter en Moselle”, a observé, sur le plateau de France 3 Lorraine, le politologue et directeur du campus de Nancy de Sciences Po, François Laval.
Le constat est le même pour le sénateur Michaël Weber (groupe socialiste, écologiste et républicain), selon qui “des villes importantes en Moselle” sont passées au RN en raison de “la division d’avant premier-tour”. “C’est un peu un tremblement de terre”, a-t-il estimé sur Ici Lorraine.
Ailleurs en Moselle, le parti gagne des sièges au sein de l’opposition dans les conseils municipaux, dans certaines communes où il n’en avait aucun.
“Cela n’augure que du bon pour les prochaines (élections) sénatoriales également car de nombreux conseillers municipaux RN ont été élus. Ce sont les signes d’une implantation sérieuse en Lorraine”, a réagi, dans le Républicain Lorrain, le député RN Laurent Jacobelli.
A Creutzwald, commune de 13.000 habitants près de Saint-Avold, où Marine Le Pen s’est rendue fin janvier, le candidat du RN Xavier Cerveau a récolté 48,13% des voix mais échoue face à Salvatore Fioretto (divers droite).
Dans cinq autres communes de moins de 20.000 habitants où il était qualifié en Moselle, le RN a échoué partout. Il remporte néanmoins cinq sièges à Hagondange (33,08%, en deuxième position d’une triangulaire), sept à Sarreguemines (42,42%), trois à Petite-Rosselle (22,53%, en dernière position) et à Folschviller (24,75%, en dernière position), et deux à Boulay-Moselle (16,2%, en dernière position de la quadrangulaire).