"On va te crever tu vas saigner"Battu aux élections, un Vosgien menace le maire de sa commune

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Dans un village vosgien, un élu d'opposition condamné pour menaces de mort contre le maire.
© Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Un homme de 56 ans, candidat malheureux aux dernières municipales dans son village des Vosges, a été condamné mercredi à deux ans de prison avec sursis pour avoir menacé de mort le maire en exigeant que celui-ci démissionne, a annoncé le parquet d'Épinal.

"Si mercredi soir tu n'as pas démissionné de ton poste de maire avec ton équipe de branleur (sic) on va s'occuper de ta femme et de ton gosse et ensuite toi on va te crever tu vas saigner", avait écrit lundi le prévenu par SMS.

Ce message avait été envoyé au maire d'Essegney, un village d'environ 750 habitants situé près d'Epinal, au moyen d'un téléphone prépayé acquis sous un faux nom. Les gendarmes ont vite retrouvé l'acheteur de l'appareil grâce aux caméras de vidéosurveillance du magasin, a expliqué dans un communiqué le procureur d'Epinal, Frédéric Nahon.

Interpellé et placé en garde à vue mardi, le mis en cause est le chef de l'opposition municipale: c'est lui qui menait en mars une des deux listes en lice dans le village. Il avait perdu l'élection avec 46,5% des voix.

Devant les enquêteurs, l'homme a reconnu avoir envoyé le SMS, mais aussi un précédent courrier menaçant, en mai. "Nous vous donnons jusqu'à la fin du mois de mai pour quitter votre poste et le conseil municipal. Passé cette date, un grand malheur arrivera sur vous ou un membre de votre famille", avait-il écrit.

Le quinquagénaire, qui dit avoir "perdu pied", a expliqué ces menaces par "le fait que la victime avait présenté une liste aux dernières élections municipales alors qu'il était lui-même candidat", selon le procureur. Il a également évoqué "un désaccord sur l'attribution d'un bail d'un terrain de chasse".

Jugé mercredi en procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, le mis en cause a été déclaré coupable de menaces de mort sur un élu. Il a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 2.000 euros d'amende, et s'est vu interdire de rentrer en contact avec la victime et sa famille pendant trois ans, ainsi que de paraître à la mairie.

Selon le quotidien local Vosges Matin, une quarantaine d'élus du secteur et une vingtaine d'habitants d'Essegney s'étaient rassemblés mardi soir pour apporter leur soutien au maire, Emmanuel Gaboraud.

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