
"Normalement, je vais toujours de Metz à Hagondange en train. Mais avec tout ce monde, je me suis dit que ce serait plus judicieux de me faire ramener ce matin. C'est mon patron qui vient me chercher", raconte Laurent, 57 ans, en attendant avec sa trottinette sur un parking de Saint-Julien-lès-Metz, à l'est de la ville.
Il est 6h30 du matin. Un peu plus loin, sur un vélo, nous croisons Jérôme qui veut de Vallières et qui lui aussi a pris les devants. Le professeur d'histoire-géographie, qui vit en ditect les effets de l'histoire religieuse de la capitale mosellane, doit se rendre au Lycée Louis Vincent et a préféré enfourcher son vélo ce matin. Il espère "passer sans encombre les barrages" et a même "un laisser-passer fournit par le lycée" dans sa poche.
Il est 7 heures. "Normalement, je vais au travail en bus, mais cette fois ce n'est pas possible. Le bus ne passe pas". Dans le centre-ville de Metz les premiers groupes de pèlerins affluent en bus dans la nuit. Au pied de la rue Taison, un groupe de pèlerins venus de Belfort et de Montbéliard. Le barrage policier ne se lèvera qu'à 8h30.

"Notre pape nous rend visite. J'ai trouvé que c'était important de répondre à sa visite", explique Mathilde, 61 ans. " Si je ne le vois pas, ce n'est pas grave. L'important c'est que je sois autour de lui. Avec tous les chrétiens". Elle s'est levée à 2h00 du matin et "a pris un bus avec les autres pèlerins pour faire la route sans bouchon". Mathilde sait que sa journée sera très longue puisque le retour à Montbéliard est prévu autour de 23h00. "On se donne mutuellement. On a besoin d'être en relation, c'est ça qui nous fait humain et avancer dans la vie", témoigne Mathilde touchée par le message du pape en faveur de la paix.
Sur le bord du trottoir, d'un poste de barrage policier, place Saint-Jacques, à l'ombre de la cathédrale de Metz, Jessy 11 ans et élève de 6e et venu de Phalsbourg. Lui a été touché par le message du pape sur les violences sexuelles: "C'était bien parce que ça pouvait réconforter les personnes qui ont subi ça", estime jeune scout. Il est venu pour "passer un bon moment en famille" et "voir le pape. Car on ne peut pas le voir tous les jours. C'est une personne extraordinaire. C'est le roi des chrétiens".

Assise à ses côtés, sa maman Emmanuelle explique que la famille "a fait le déplacement hier soir déjà. On a dormi dans un hôtel à Talange car a Metz c'est hors de prix". Son mari et sa fille sont bénévoles. Ils se sont levés très tôt pour accueillir les bus de pèlerins dans la rue Fournier. Emmanuelle souhaite "au moins croiser un regard, quelque chose". Elle vit cette matinée comme les prémices d'une journée historique: car "on est chrétiens".
"Les gens ont envie de vivre un moment de foi et de communion autour du pape qui soit marquant", explique le père Alexandre Voisard. Venu avec 112 personnes et trois bus du diocèse de Belfort-Montbéliard. Personnellement le prêtre "attend de ressentir la même ferveur que celle vue à la télévision" depuis l'arrivée du pape en France vendredi. Et puis de "voir le pape:". Il aura cette chance de vivre la messe à 16h00 à l'intérieur de la cathédrale Saint-Étienne.
