Prévue à partir de mai prochain, la mesure pourrait modifier les habitudes de nombreux Luxembourgeois qui traversent régulièrement la frontière pour faire leurs achats, se rendre au restaurant ou profiter des zones commerciales frontalières.
Pour les automobilistes, le coût ne sera pas anodin. Une vignette journalière devrait revenir à 9 euros, tandis que la formule annuelle coûterait entre 90 et 125 euros selon le type de véhicule. Cette perspective alimente déjà certaines inquiétudes du côté des commerçants installés à proximité de la frontière.
Dans la zone commerciale d'Arlon, où une grande partie de la clientèle vient du Luxembourg, l'incertitude domine. Steve Braff, responsable du magasin Luxfly, espère notamment que l'achat de la vignette pourra se faire facilement en ligne. Selon lui, près de 90 % des clients de l'enseigne sont luxembourgeois.
Du côté des consommateurs, les réactions sont partagées. Plusieurs clients rencontrés estiment que cette nouvelle taxe pourrait les dissuader d'effectuer de courts déplacements en Belgique. Certains affirment qu'ils se tourneraient vers d'autres destinations pour leurs achats, tandis que d'autres jugent qu'une visite occasionnelle ne justifierait pas l'achat d'une vignette.
Dans le centre-ville d'Arlon, où le marché hebdomadaire attire de nombreux visiteurs luxembourgeois, les avis sont plus nuancés. Certains habitués considèrent qu'une vignette annuelle resterait rentable s'ils continuent à fréquenter régulièrement les commerces et restaurants belges. D'autres préfèreraient une formule journalière adaptée à une utilisation ponctuelle.
Les commerçants locaux redoutent néanmoins un impact sur l'attractivité de la région. Catrine Arnold, présidente de l'Association des commerçants et de l'industrie d'Arlon (ACIA), souligne que la province dépend largement des frontaliers, qu'ils soient clients ou travailleurs. À ses yeux, cette mesure n'envoie pas un signal positif pour l'économie locale.
Si la vignette doit entrer en vigueur en mai 2027, les premières sanctions ne devraient être appliquées qu'à partir de juillet. Une première infraction pourrait être sanctionnée par une amende de 70 euros, avant des montants plus élevés en cas de récidive. Plusieurs éléments doivent toutefois encore être précisés, le dispositif devant notamment être traduit dans la législation et répondre aux exigences du droit européen.