Pas le même tarif pour tousLa vignette routière entrera bien en vigueur en mai 2027 en Belgique

Romain Van Dyck
La date est désormais fixée : la vignette routière entrera bien en vigueur le 1er mai 2027 en Belgique, a confirmé ce jeudi le gouvernement wallon. Cette vignette - qui fait grincer des dents jusque chez les pays voisins - sera obligatoire sur les autoroutes et routes régionales. Voici ce qu'il faut savoir.
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C'est officiel : ce jeudi 10 septembre, le gouvernement wallon a donné son feu vert au projet d’accord de coopération entre les trois Régions et vient d’adopter, en première lecture, les textes nécessaires à la mise en place de la vignette routière. Elle devrait devenir obligatoire à la date prévue, le 1er mai 2027.

Le principe retenu est celui d’une vignette unique pour toute la Belgique, mise en œuvre conjointement par la Wallonie, la Flandre et Bruxelles. Belges comme étrangers devront tous contribuer au financement et à l’entretien des infrastructures routières qu’ils utilisent.

"Nous franchissons aujourd’hui une étape importante dans un dossier attendu depuis de nombreuses années. Notre objectif est clair : disposer d’un système simple, équitable et efficace, dans lequel tous ceux qui utilisent nos routes contribuent au financement de leur entretien", a souligné ce jeudi le ministre wallon François Desquesnes.

De 90 à 125 euros par an selon les véhicules

Pour rappel, cette vignette concernera les voitures et camionnettes jusqu'à 3,5 tonnes. Elle sera nécessaire pour circuler sur les autoroutes et les routes régionales sur tout le territoire belge. Le dispositif sera entièrement numérique (pas besoin d'autocollant sur le pare-brise), une seule inscription permettant de circuler sur les réseaux concernés de Wallonie, Flandre et Bruxelles, sans démarche différente selon le territoire traversé.

Le montant de la vignette, lui, dépendra de sa durée et des caractéristiques environnementales du véhicule. Ainsi, pour une vignette annuelle, le tarif prévu est de 125 euros pour les véhicules Euro 0 à Euro 3; 100 euros pour les véhicules Euro 4 et plus et 90 euros pour les véhicules à émission nulle.

Et quid des automobilistes étrangers qui ne vont en Belgique qu'occasionnellement, et qui risquent de trouver la facture salée? Il existe une alternative : des vignettes de plus courte durée seront également proposées pour un jour (9% de l'annuelle), dix jours (12% de l'annuelle), un mois (19% de l'annuelle) ou deux mois (30% de l'annuelle).

De plus, des exonérations ciblées sont par ailleurs prévues, notamment pour certains véhicules affectés à des missions d'intérêt général, certains véhicules médicaux ainsi que pour certaines personnes en situation de handicap, selon les conditions prévues par la réglementation. De même, les tracteurs, les motos et les cars ne sont pas concernés par la vignette.

Enfin, la vignette devra être achetée avant l'utilisation du réseau concerné, via une plateforme numérique. Les contrôles reposeront notamment sur la plaque d'immatriculation du véhicule.

Le Luxembourg inquiet pour la mobilité dans la Grande Région

L'annonce de cette vignette a été, bien évidemment, fraîchement accueilli chez les pays voisins. Du côté du Luxembourg, si on ne conteste pas la souveraineté de la Belgique en la matière, le gouvernement a exprimé son inquiétude face à un dispositif qui pourrait peser lourdement sur le commerce local, sur le quotidien des frontaliers et le trafic. La ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, a demandé des précisions supplémentaires à la Wallonie, notamment sur les modalités d’application dans les communes frontalières. Le gouvernement luxembourgeois a même proposé à la Wallonie de créer une zone frontalière exemptée de l’obligation de vignette.

En attendant, la Belgique se prépare à l'introduction de sa vignette. Pour que le lancement du système se déroule au mieux, 25 équivalents temps plein seront affectés au dispositif, dans les domaines informatiques, du contrôle et du soutien administratif, précisent encore les autorités.

Les textes adoptés en première lecture ce jeudi vont désormais être soumis aux avis du Conseil de la Fiscalité et des Finances de Wallonie, de l'Autorité de protection des données et du Conseil d'État.

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