
Sécurité routière ou jackpot fiscal ? Voici les chiffres chocs des voitures radars privées.
Et elles ne chôment pas ! Les voitures radars privées ont circulé 366 jours de l'année 2024 (données les plus récentes disponibles). D'après les chiffres officiels, elles ont effectué 9.636.039 contrôles et constaté 989.411 excès de vitesse soit un taux d'infraction de 10.27%.
Les voitures radars privées ont donc massivement flashé sur les routes françaises au cours de l'année 2024, et les départements lorrains figurent en bonne place dans le bilan dévoilé par le ministère de l'Intérieur. Le dispositif géré par des opérateurs privés comme la société Mobiom continue de diviser l'opinion. Une flotte d'environ 230 voitures-radar confiées à des entreprises privées et utilisant un flash infra-rouge non-visible par les usagers, étaient en service en 2024 pour traquer les excès de vitesse.
Prévue par un Comité interministériel de la sécurité routière en 2015, l'expérimentation de ces voitures a commencé en avril 2018.
Les véhicules radars, pour la plupart de type berlines, sont banalisés, équipés de caméras posées sur les plages avant et arrière afin de détecter automatiquement et alors qu'elles sont insérées dans la circulation, les excès de vitesse, sans flash visible.
En Lorraine, la pression des contrôles mobiles s'est particulièrement fait ressentir avec plus de 775.000 contrôles.
La Moselle en pole position : Le département s'impose en tête des contrôles (214.374 en 2024) et des contraventions (29.834) en Lorraine. Sillonné sans relâche par ces "radars fantômes", le territoire mosellan paie un lourd tribut, notamment sur ses axes secondaires et frontaliers.
Meurthe-et-Moselle : Les chiffres compilés par la plateforme spécialisée Radar-Privé font état de 204.703 contrôles en 2024. Ces passages furtifs ont permis de constater 25.669 excès de vitesse, soit un taux d'infraction d'environ 12,5 %.

Les Vosges : Présentes depuis 2022 dans le département, les voitures radars y maintiennent une activité soutenue. Elles ont réalisé plus de 200.000 contrôles en 2024, débouchant sur près de 18.000 infractions relevées.
La Meuse, département rural, est moins contrôlée (155.513) et par conséquent les amendes y sont aussi moins nombreuses (13.263).
Si les données lorraines prouvent l'activité incessante de ces voitures — qui roulent entre 300 et 500 kilomètres par jour, de jour comme de nuit —, le traitement national des infractions suscite la polémique. Selon l'analyse de la Ligue des Conducteurs , les dispositifs ont généré pas moins de 3,5 millions de flashs en France, mais à peine 740.000 PV ont effectivement été validés. Pas loin de 8 PV sur 10 sont donc retoqués !

Ce taux de rebut avoisinant les 79 % s'explique par les marges techniques très larges de ces radars en mouvement (10 km/h en dessous de 100 km/h), mais aussi par des ratés de lecture ou des conditions de circulation invalidant la procédure. Un gaspillage technique qui fait grincer des dents les associations de défense des usagers de la route, lesquelles dénoncent un système conçu "pour le rendement plutôt que pour la sécurité".
Sur le terrain, la vigilance reste de mise pour les conducteurs du Grand Est. Dissimulés à bord de modèles très communs comme des Peugeot 308, des Renault Captur ou des Citroën C5 Aircross, ces radars mobiles continuent d'ajuster leur trajectoire pour piéger les conducteurs. Un bon conseil donc : levez le pied. Le meilleur moyen de ne pas être verbalisé est encore de respecter les limitations de vitesse.