Salaire minimumAprès l'éclat des syndicats, les partenaires sociaux à nouveau en situation de confrontation

Roy Grotz
adapté pour RTL Infos
Après l’éclat provoqué mardi par l’union des syndicats OGBL-LCGB lors de la réunion sur l’adaptation du salaire minimum, les partenaires sociaux se retrouvent une nouvelle fois en situation de confrontation frontale.

L’ancien syndicaliste Marc Spautz était entré en fonction pour relancer le dialogue social, mais de ce dialogue, il ne reste désormais plus grand‑chose, car les divergences sur le calcul et l’augmentation chiffrée du salaire minimum sont trop importantes.

Le ministre du Travail fera le point mercredi en fin d’après-midi devant les commissions de l’Économie et du Travail, avant que le conseil de gouvernement ne se réunisse après‑demain. Mais il est peu probable qu’une décision y soit prise, de sorte que le calendrier envisagé par Marc Spautz ne pourra plus être respecté.

” C’est plutôt au Premier ministre de décider, nous allons pour l’instant présenter un rapport. J’avais espéré que tout le monde saurait avant Pâques dans quelle direction cela irait, car cela aurait été important pour les syndicats comme pour les entreprises et leurs perspectives. Ce n’est pas le cas. Mais cela n’a rien de dramatique, car nous avons encore du temps pour la mise en œuvre de la directive. Je pars du principe que nous aurons une discussion à ce sujet vendredi prochain et que nous reviendrons peut‑être un peu plus tard sur la question.”

L’Union des syndicats, LCGB-OGBL, réclame une augmentation structurelle du salaire minimum à 60 % du salaire médian, ce qui représenterait une hausse de 12 %. Selon eux, le gouvernement aurait recours à des astuces de calcul et à une définition différente du salaire médian afin de ne pas devoir relever le salaire minimum à un tel niveau.
Le ministre du Travail, lui, ne parle pas d’”astuces de calcul”, mais d’approches différentes :

C’est parce que nous avons quatre approches. Vous avez d’abord celle que nous utilisons à chaque fois pour les adaptations normales, où l’évolution générale des salaires est simplement prise en compte. C’est celle dont je vous ai dit qu’elle aboutit à 3,8 %. Et puis il y en a une autre, celle qui est utilisée au niveau international. Là, il s’agit vraiment uniquement du salaire en tant que tel. Et c’est là qu’il y a une différence. C’est cette différence que nous avons constatée hier, et pour laquelle il existe une divergence d’opinion entre les syndicats et notre manière de procéder jusqu’à présent. Mais comme je l’ai dit, aucune décision n’a encore été prise. “

Selon Marc Spautz, aucune décision politique n’a donc encore été arrêtée, tandis que syndicats et patronat restent diamétralement opposés : aucun compromis ne semble se dessiner. Le ministre CSV regrette profondément qu’un accord tripartite ne soit pas possible.

Depuis mercredi, les calculs de l’Inspection générale de la sécurité sociale, l’IGSS, sont publics. Au vu de ceux-ci, le gouvernement table sur une hausse du salaire minimum de 175  euros, tandis que les syndicats revendiquent une augmentation d’environ 300  euros.

Back to Top
CIM LOGO