
“Il ne s’agit pas d’une guerre de changement de régime” a déclaré lundi le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth à propos des frappes sur l’Iran. En d’autres termes, pour l’administration Trump, le changement de régime n’est pas une priorité. Un point de vue qui est au fond partagé par le peuple iranien. Mais après la mort du guide suprême Ali Khamenei, le régime actuel ne se considère pas encore vaincu. Entre‑temps, l’Iran se prépare déjà à l’après.
Comment les Iraniens du Luxembourg voient-ils l’avenir de leur pays ? Une équipe de RTL a discuté avec des Iraniens ici au Grand-Duché. Un constat s’impose : l’opposition au pouvoir en place en Iran n’est pas sur la même ligne. " Le peuple doit décider, par référendum”. Oui. Mais qui est soutenu par le peuple ?
Ali Fatemi soutient Maryam Rajavi, qui vit en exil à Paris et dirige l’aile politique des Moudjahidines du peuple, le mouvement qui a renversé le Shah d’Iran en 1979. “Madame Maryam Rajavi est la présidente proposée par le Conseil national de la résistance iranienne pour le futur Iran. Et aussi la présidente de six mois de transition que nous souhaitons pour apporter le pouvoir au peuple iranien”, dit-il.
Aux yeux d’Elmira Najafi, en revanche, c’est le fils de l’ancien Shah mort en exil, Reza Pahlavi, qui doit assurer l’intérim. “Pas de religion en politique, c’est très clair, c’est ce que le peuple a dit. Le peuple continue de scander son nom, parce qu’il est celui qui pourrait les aider à instaurer une démocratie, justement parce qu’il a une pensée ouverte et qu’il n’a rien à voir avec la religion.” Avec sa famille et ses amis, la jeune femme vit actuellement une période très chargée en émotions. " Nous voudrions être là-bas”, en Iran. Ce week‑end, ils étaient à Bruxelles pour célébrer les derniers événements. Mais comment les choses vont‑elles désormais évoluer en Iran ?
Elle espère un soutien de certains secteurs de l’armée et de la police. “Ils ont bien remarqué que le peuple a été trop fort, que le peuple a même réussi ce qu’il a réussi aujourd’hui, avec toutes ces victimes, avec tout ce sang qui a été versé.”
Selon Ali Fatemi, les unités rebelles des Moudjahidines sont prêtes à chasser les mollahs du pouvoir. “Des unités rebelles, qui soutiennent ce Conseil à l’intérieur de l’Iran vont renverser le régime iranien. Et il n’y a pas d’autre solution. Ce n’est pas la guerre. La guerre n’est pas la solution. Et ce sont eux qui vont renverser [ce régime]”. Les Moudjahidines, qui revendiquent le soutien du peuple, ne veulent cette fois pas se laisser voler la révolution.
Nilgoon Soroush s’y oppose toutefois avec véhémence. Elle adresse un appel aux États européens et aux États‑Unis : “Nous voulons soutenir les personnes en Iran dans leur démarche, en faveur de la principale force d’opposition actuellement présente, Reza Pahlavi. Et ce qui est très important : nous avons d’abord besoin d’un référendum.”
La transition du régime terroriste actuel vers la démocratie ne sera pas simple. Elle devrait se dérouler de manière pacifique. Des personnes disposant des compétences nécessaires seraient prêtes à assumer des responsabilités.