
Après que le Premier ministre Luc Frieden a annoncé la semaine dernière une tripartite pour juin, les préparatifs concrets ont commencé ce mercredi. Tout au long de la journée, le gouvernement a rencontré les partenaires sociaux lors de réunions bilatérales afin de discuter de l’ordre du jour de la tripartite. À 16h, le Premier ministre a tenu un point presse dans la cour du ministère d’État.
Luc Frieden s’est montré globalement satisfait. Il a évoqué des "discussions très bonnes et constructives dans leur forme". Il n’était toutefois pas euphorique, ce qui n’aurait probablement pas été approprié dans la situation actuelle. Le Premier ministre a rappelé une nouvelle fois le contexte international, en faisant référence à la guerre en Iran, qui entraîne une hausse des prix de l’énergie. Il a également défendu le timing de la tripartite, qui était réclamée depuis un certain temps par de nombreux acteurs, notamment l’opposition politique, mais aussi les syndicats et le patronat.
À ce sujet, Luc Frieden a déclaré : "Cette tripartite a été convoquée à ce moment précis parce que l’on voit désormais un peu plus comment l’inflation va évoluer. Nous constatons, et le directeur du Statec l’a aussi indiqué aujourd’hui, que, selon leurs prévisions actuelles, plus d’une tranche indiciaire pourrait tomber au cours des 12 à 13 prochains mois. C’est pourquoi cette tripartite a lieu au bon moment, celui que nous avions également prévu dans l’accord de coalition."
En ce qui concerne le contenu des discussions, Luc Frieden a souligné que le gouvernement a d’abord été à l’écoute et a voulu savoir quels points les partenaires sociaux souhaitent voir figurer à l’ordre du jour de la tripartite. Et les avis sont assez divergents à ce sujet. L’OGBL et le LCGB demandent qu'outre le pouvoir d’achat et la sécurité de l’emploi, le logement et la santé soient également abordés. Le patronat et le syndicat des fonctionnaires CGFP, en revanche, préféreraient un ordre du jour plus resserré, davantage centré sur la question de l’énergie.
Nous avons interrogé mercredi matin, peu après la fin de la réunion entre les représentants du patronat et le gouvernement, le président de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), Michel Reckinger, sur les revendications de l’OGBL et du LCGB. Voici sa réponse : "Nous avons très clairement dit que nous souhaitions que cette tripartite porte sur les sujets qui sont importants pour une tripartite. Il ne s’agit pas de problèmes structurels, mais de problèmes conjoncturels actuels, et il s’agit principalement de la compétitivité. Certains points que les syndicats mettent sur la table en font bien sûr partie, mais pour nous, les priorités sont l’énergie, l’inflation et l’index."
Luc Frieden n’a pas laissé transparaître dans quelle direction il penchait. Il a indiqué que les souhaits des deux parties seront discutés vendredi lors du conseil de gouvernement et qu’ils seront encore débattus pendant le week-end si nécessaire. Il s’est toutefois montré optimiste en affirmant que tous les partenaires étaient conscients que la tripartite ne peut pas résoudre tous les problèmes du pays.
La prochaine rencontre est prévue mardi prochain, le 12, et portera sur un état des lieux de la situation actuelle des entreprises ainsi que des ménages privés. De nombreux chiffres et statistiques y seront présentés, notamment par le Statec. Il s’agira alors d’une première réunion tripartite préparatoire en vue de la véritable tripartite qui débutera le 2 juin. À ce propos, la Confédération générale de la fonction publique (CGFP) aurait souhaité que l’intervalle entre ces deux dates soit moins long.
Le Premier ministre a également été interrogé mercredi sur les résultats plutôt mauvais du CSV dans le "Sonndesfro".