
Un cartable devenu trop petit, une trousse encore en bon état ou des cahiers qui n’ont jamais été utilisés : ce qui n’est plus nécessaire à la fin d’une année scolaire ne doit pas forcément finir à la poubelle.
Depuis 2023, le Syndicat intercommunal pour la gestion des déchets (SIDEC) organise entre la fin de l'année scolaire et la rentrée suivante, une opération spéciale de réemploi, ReUse. Les particuliers peuvent déposer leurs anciennes fournitures scolaires dans les centres de ressources. Les employés du SIDEC examinent ensuite le matériel et, s’il est encore en bon état, celui-ci est placé sur les étagères afin que d’autres personnes puissent l’emporter gratuitement. Cette action est proposée dans tous les centres de ressources du SIDEC.
Le SIDEC recueille ainsi bien plus de fournitures scolaires qu’on ne pourrait l’imaginer. "Cela représente environ 2.000 kilos, soit deux tonnes de matériel scolaire pendant la courte période durant laquelle nous menons cette action", explique Carlos Neves, responsable du service technique du SIDEC.
Pratiquement tout ce qui se trouve à l'intérieur ou autour d’un cartable est accepté : sacs à dos, trousses et stylos, cahiers vierges, classeurs ou encore manuels scolaires, pour autant qu’ils soient encore en bon état.
Selon Carlos Neves, les motivations des particuliers qui pratiquent le réemploi, ne sont pas toujours les mêmes. Pour certains, la protection de l’environnement est la principale raison. Pour d’autres, cette initiative constitue surtout une possibilité de faire des économies au moment de la rentrée scolaire.
L'action a toutefois une limite : pour des raisons de place, le SIDEC ne peut pas stocker jusqu’à l’année suivante le matériel qui n’a pas trouvé de nouveau propriétaire à la fin de l’opération. Carlos Neves espère donc que des structures verront le jour à l’avenir afin de reprendre ce type de matériel.
Le ministère de l’Éducation mise lui aussi sur l’idée du réemploi. Depuis 2023, il mène la campagne "Upbooking", qui s’adresse principalement aux élèves de l’enseignement secondaire. Cette année marque la quatrième édition de l’initiative. Grâce à une plateforme en ligne, les lycéens peuvent proposer les manuels scolaires dont ils n’ont plus besoin et entrer directement en contact avec d’autres élèves intéressés.
Selon Sandra da Silva, responsable de la Division des matériels didactiques, la plateforme compte actuellement environ 1.600 annonces. Le ministère ne peut toutefois pas chiffrer le nombre exact de livres qui changent effectivement de propriétaire, puisque les échanges sont organisés directement entre les élèves.
Afin de rendre le réemploi financièrement plus attractif, un bonus est prévu : tout lycéen qui récupère un manuel scolaire obligatoire auprès d’un autre élève peut obtenir, via MyBooks, un bon d’une valeur correspondant à 50 % du prix du livre neuf.
Pour les élèves, les manuels scolaires obligatoires dans l’enseignement secondaire sont gratuits. Cela ne signifie toutefois pas qu’ils sont produits gratuitement. Selon le ministère de l’Éducation, la valeur d’un set complet de manuels se situe en moyenne entre 400 et 500 euros, selon la filière. Certains ouvrages plus techniques peuvent même coûter plus de 100 euros à l’unité.
Cette campagne vise donc non seulement à économiser des ressources, mais aussi à faire évoluer les comportements vis-à-vis du matériel scolaire. "Ce n’est pas parce que quelque chose est gratuit que cela n’a aucune valeur", souligne Sandra da Silva. Un livre ne représente pas seulement un coût financier, il mobilise également des ressources et constitue avant tout un outil de transmission des connaissances.
L’objectif est de réduire le nombre de livres jetés alors qu’ils sont encore presque neufs après une seule année scolaire. Leur réutilisation permet notamment d’économiser le papier, le plastique et l’encre nécessaires à la production de nouveaux ouvrages.
"Même si une personne ne jetait pas un ou deux livres par an à la poubelle et les transmettait plutôt à quelqu’un d’autre", ce serait déjà un pas dans la bonne direction, conclut Sandra da Silva.