
Dans un marché locatif déjà tendu, la recherche d’un toit devient pour beaucoup le véritable obstacle avant même le début des cours.
L’an dernier, l’Uni.lu comptait 8.560 étudiants, dont plus de la moitié venaient de l’étranger. Cette année, environ 7.200 étudiants sont attendus sur les différents sites de l’université. Pour nombre d’entre eux, la question du logement reste ouverte alors que la rentrée approche. Certains, comme Emad Vosoughi, ont reçu leur confirmation d’admission accompagnée d’un avertissement clair : l’université ne peut garantir de logement à personne. Une information déjà communiquée lors de l’inscription, mais qui prend une dimension concrète lorsque les semaines défilent et que les solutions se font rares.

L’Université du Luxembourg dispose bien de résidences étudiantes, mais les capacités sont limitées et la demande dépasse largement l’offre. L’institution le rappelle dans ses communications et sur son site : les chambres sont attribuées en fonction des disponibilités, et les candidats sont encouragés à chercher des alternatives.
Parmi ces alternatives figure WeConnect, une plateforme qui met en relation des étudiants avec des personnes âgées ou des particuliers disposant d’une chambre. Le principe est simple : proposer un hébergement à prix raisonnable dans un cadre intergénérationnel. Mais là aussi, la demande explose. Il y a un an, une centaine d’hôtes étaient inscrits. Aujourd’hui, l’organisation cherche encore une cinquantaine de volontaires pour répondre à l’afflux d’étudiants. Selon Clémentine Offner, chaque année, certains doivent renoncer à leurs études faute de logement. Et si des hôtes potentiels se manifestent, ils se heurtent parfois à des contraintes administratives qui compliquent leur engagement.
À côté de ces solutions, des propriétaires privés proposent également des chambres ou des logements adaptés aux étudiants. Certains ont transformé des maisons unifamiliales en résidences étudiantes, avec des critères d’accueil parfois ciblés, par exemple uniquement pour des étudiants en master ou en doctorat. Là encore, la pression est forte, notamment pour les étudiants internationaux qui arrivent de pays hors Europe. Les gestionnaires de ces résidences constatent des pics de demandes avant mars et septembre, tandis que les doctorants cherchent des solutions tout au long de l’année.

Pour beaucoup, le défi est aussi financier. Certains propriétaires exigent un contrat de travail comme garantie, une condition difficile à remplir pour des étudiants étrangers qui ne peuvent travailler qu’à temps limité. Cette exigence bloque l’accès à de nombreux logements, malgré une motivation intacte et des démarches répétées.
Les prochaines semaines seront décisives. Les cours débutent le 15 septembre et de nombreux étudiants espèrent encore trouver une solution à temps. Emad, comme d’autres, garde l’espoir de commencer son master à Luxembourg, convaincu qu’une chambre finira par se libérer.
La question du logement étudiant a également été évoquée par l’ACEL, l’association des cercles d’étudiants luxembourgeois. Son président, Mattis Noël, rappelait récemment que le manque de logements dédiés reste un enjeu majeur pour l’attractivité et la réussite des étudiants.