Gouvernance et ambiance de travailLa délégation du personnel émet un avis critique sur l’environnement de travail à l’Uni.lu

Michèle Sinner
adapté pour RTL Infos
Crainte de représailles, manque de droit de regard, structure trop verticale : la délégation du personnel de l’Université du Luxembourg a rendu cette semaine un avis critique sur l’environnement de travail au sein de l’institution.
© RTL (archive)

Dans son avis, la délégation souligne que les employés ne savent pas toujours quelle structure d’accompagnement est en charge de quoi, qu’il s’agisse des ressources humaines, du bureau du médiateur ou de la plateforme de signalements (Whistleblowing). Mais elle pointe aussi d’autres freins qui empêchent les employés de signaler des problèmes. Frédéric Krier, de l’OGBL, renvoie notamment au taux extrêmement élevé de CDD dans le secteur de la recherche, ce qui soulève inévitablement la question des perspectives.

Cela signifie qu’ils ont peur de ne pas progresser dans leur carrière. Ou encore que leur CDD ne soit pas renouvelé. Ou peut-être même, en fait, la peur directe de représailles, d’avertissements, justifiés ou non, auxquels ils pourraient s’exposer. Mais c’est simplement un retour que nous avons. C’est clair.

La délégation du personnel constate également que la crainte de représailles ou de mesures de rétorsion, ainsi que le manque de mesures de protection, entravent le fonctionnement du canal de signalement (whistleblowing) de l’université.

Il existe une plateforme externe où l’on évalue d’abord s’il s’agit réellement d’un cas de whistleblowing ou non. Ensuite, l’information est transmise en premier lieu au recteur, sauf si celui‑ci est personnellement concerné, auquel cas elle est envoyée au Conseil de gouvernance. Nous pensons que ce fonctionnement risque de dissuader les gens d’utiliser ce dispositif. “

Pour y remédier, estime Frédéric Krier, on pourrait créer un poste indépendant. La délégation du personnel critique également la gouvernance verticale de l’université, c’est‑à‑dire une gestion du sommet vers le bas. Lors de la dernière réforme de la loi sur l’Université, une revendication de longue date de l’OGBL a certes été mise en œuvre. Depuis, le Conseil universitaire (CU) dispose de deux représentants au Conseil de gouvernance, qui est le conseil d’administration de l’université. La délégation du personnel et les étudiants y sont également représentés. Mais le Conseil universitaire, l’assemblée de l’Uni.lu, regrette Frédéric Krier, “n’a au fond toujours qu’un rôle consultatif.
Cela signifie que nous pouvons imaginer qu’il reçoive de véritables compétences décisionnelles, pour les questions académiques. Bon, et ensuite nous avons eu une très forte croissance de l’université ces dernières années, qui n’a pas toujours été accompagnée par une évolution équivalente de son organisation interne, ce qui entraîne inévitablement des tensions.

Beaucoup de ce qui est aujourd’hui mis en avant n’est pas nouveau pour le syndicaliste, mais symptomatique du secteur dans son ensemble. C’est d’ailleurs pour ces raisons que le syndicat avait lancé une campagne contre le mobbing il y a plusieurs années.

Mais [le système] est extrêmement compétitif, dans sa manière de fonctionner. Il faut aller chercher des financements externes pour financer la recherche. Les possibilités d’évolution de carrière en interne sont très limitées. “

Les élections pour désigner un nouveau représentant du Conseil universitaire au conseil d’administration de l’Université, qui ont eu lieu lundi et auxquelles le professeur d’histoire Benoît Majerus s’était présenté, n’ont donné aucun résultat. C’est ce qu’a indiqué le commissaire du gouvernement Léon Diederich en réponse à une question. Il faudra donc procéder à un nouveau vote. Ni lui ni le service de presse de l’Université n’ont souhaité préciser qui étaient les autres candidats. Ces élections sont nécessaires car le représentant sortant, Ludger Wirtz, a démissionné du Conseil de gouvernance. Dans un courriel adressé au Luxemburger Wort, il avait notamment critiqué la couverture médiatique des événements au sein de l’Université. Il siégeait également au comité de pilotage chargé de superviser l’audit commandé par l’Université.

Après que RTL a rapporté la semaine dernière ces informations, ainsi que celles sur l’élection controversée de l’autre représentante du Conseil universitaire au conseil d’administration, le Conseil de gouvernance a décidé, lors de sa réunion de vendredi, qu’aucun membre interne du conseil d’administration ne devait siéger dans le comité de pilotage de l’audit. Une mesure destinée à éviter tout conflit d’intérêts potentiel ou toute impression de partialité institutionnelle, selon une lettre adressée à la communauté universitaire.

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