Le ministre des Finances, Gilles Roth, la ministre de la Défense, Yuriko Backes, et le ministre de l’Économie, des PME, de l’Énergie et du Tourisme, Lex Delles, ont présenté jeudi le nouveau Fonds national de défense (FND), destiné à soutenir des entreprises innovantes actives dans les secteurs de la défense et du double usage. Ce fonds sera géré par la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI). Il investira dans des entreprises jeunes et innovantes, a expliqué le ministre des Finances Gilles Roth. Il est ainsi envisagé
"un double usage (dual use), c’est‑à‑dire des investissements dans des instruments ayant à la fois un objectif de défense et une utilisation civile."
Le ministre de l'Economie a cité la cybersécurité, l’espace, l’automatisation et les smart materials comme secteurs dans lesquels des investissements sont prévus.
Le ministre de l’Économie, Lex Delles, a tenu à rassurer : "Nous n’allons pas pouvoir construire au Luxembourg de grands chantiers navals, où sont construits des navires. Nous ne construirons pas de grand porte‑avions, ni de chars, ni d’avions ici au Luxembourg. Avec ce fonds, nous allons investir dans des entreprises innovantes et dans des entreprises susceptibles de devenir des fournisseurs."
Cela vaut également pour d’autres entreprises et groupes européens actifs dans le secteur de la défense. Le fonds pourra soit investir directement dans ce type d’entreprises, soit passer par des fonds d’investissement spécialisés opérant dans ce secteur.
Dans le cadre de l’OTAN, le Luxembourg doit investir 5% de son RNB (revenu national brut) dans la défense. Ce fonds devra veiller à ce que ces moyens financiers ne soient pas simplement versés directement à l’étranger.
La ministre de la Défense, Yuriko Backes, a déclaré : "C’est pourquoi nous avons besoin d’une industrie de défense plus solide, capable de produire les capacités que nous devons acquérir. Et pour nous, il est important d’avoir aussi des acteurs luxembourgeois auprès desquels nous pourrons acheter."
Les 150 millions d’euros proviennent pour moitié de la SNCI. Le Fonds souverain intergénérationnel apporte 25 millions d’euros, et le Fonds de l’innovation du ministère de l’Économie les 50 millions d’euros restants.