
Début mars, une lettre a été adressée par les Hôpitaux Robert Schuman à Philippe Wilmes. Ce courrier informait le médecin, auquel il est reproché d’avoir opéré des patients présentant des ligaments croisés sains, que son contrat était définitivement résilié, avec “effet immédiat” et pour “motifs graves”. La lettre mentionne qu’il n’existe plus aucune base de confiance entre la direction de l’hôpital et le chirurgien. Les reproches adressés au médecin y sont détaillés et qualifiés de “comportement déplacé”. En premier lieu figurent bien sûr les diagnostics médicaux erronés présumés, qui auraient conduit à des opérations du genou inutiles. Sur ce point, le groupe HRS s’appuie sur un rapport du spécialiste parisien, le docteur Philippe Beaufils. Ce chirurgien a analysé en détail neuf dossiers de patients et constate que des erreurs professionnelles ont été commises sur la base d’indications non justifiées. Mais ce n’est pas la seule raison de la résiliation du contrat.
Sur plusieurs pages, il est reproché au docteur Wilmes d’avoir porté atteinte à l’image et à la réputation du groupe HRS, en montant une campagne médiatique totalement disproportionnée et politisée, qui aurait gravement nui aux institutions des HRS, aux médecins et à l’ensemble du personnel ainsi qu’à leur réputation. Le fait que le chirurgien ait visé et attaqué la ministre de la Santé Martine Deprez et le Premier ministre Luc Frieden avec ses critiques et ses déclarations polémiques est qualifié de complètement inapproprié. La conclusion est que toute collaboration est définitivement et immédiatement résiliée par la direction des HRS, car toute confiance est irrémédiablement perdue, peut-on lire dans le texte. Le chirurgien aurait également violé son obligation de loyauté envers les Hôpitaux Robert Schuman et bafoué des valeurs telles que le respect ou l’excellence.
Un recours ayant été déposé devant le tribunal administratif et des procédures indépendantes contre le Docteur Wilmes étant encore en cours au niveau du Collège médical et du ministère de la Santé, la présomption d’innocence s’applique évidemment.
Trois experts sont actuellement chargés de réaliser une expertise qui devrait être disponible après les vacances de Pâques. Il s’agit du docteure Elvire Servien de Lyon, du radiologue Alain Blum de Nancy, ainsi que de l’orthopédiste français Jacques Hummer, désigné par le Docteur Wilmes. Le chirurgien orthopédique, désormais définitivement licencié, n’a pas le droit d’effectuer d’opérations jusqu’à fin avril, mais il peut encore assurer des consultations, par exemple dans la nouvelle MediClinic au Findel, dont le Docteur Wilmes a été l’un des initiateurs.