Les vacances virent au cauchemarUn père luxembourgeois séparé de ses enfants au Mexique

Christina Clements Dayal
RTL Today iwwersat vun RTL.lu
adapté pour RTL Infos
Un Luxembourgeois recherche depuis des années ses deux enfants, après que des vacances en famille au Mexique se sont terminées par une séparation douloureuse. Les autorités luxembourgeoises examinent désormais l’affaire comme un possible enlèvement parental international.
© Photo publiée avec l’accord du père

Ce qui avait commencé comme des vacances en famille au Mexique a finalement conduit un père luxembourgeois à être séparé de ses deux enfants, un événement qui remonte désormais à plus de deux ans. Les autorités luxembourgeoises enquêtent à présent sur cette affaire dans le cadre d’un enlèvement international présumé d’enfants par un parent, à savoir la mère.

Le père, qui vit au Luxembourg depuis 1997, est propriétaire d’un café connu dans la capitale et travaille dans la gastronomie depuis 25 ans. Il avait épousé une ressortissante mexicaine au Danemark, et le couple s’était installé au Luxembourg en 2013. Leurs deux enfants sont nés en 2014 et 2017 et ils fréquentaient une école internationale au Luxembourg.

En 2022, la famille se rend au Mexique, à la demande de la mère, pour passer du temps dans son pays d’origine. Il s’agit d’un long séjour prévu en famille. Mais peu avant la date du retour, la mère demande le divorce.

Le père dit avoir été choqué par l’annonce du divorce et avoir proposé de suivre une thérapie de couple pour sauver le mariage. Mais son épouse aurait refusé.

Avec l’aide de détectives privés, le père découvre ensuite que sa femme aurait apparemment eu une liaison avec un ressortissant argentin pendant les vacances, ce qui, selon lui, pourrait avoir contribué à la rupture. D’après ses avocats, c’est à ce moment-là qu’aurait été élaboré le plan de retenir illégalement les enfants au Mexique.

Une séparation à l’amiable, qui a rapidement dégénéré

Selon le père, le couple avait convenu de rentrer au Luxembourg pour y déposer la demande de divorce et discuter ensemble du droit de garde des enfants. Mais la situation aurait brusquement changé lorsque son épouse a quitté un jour leur logement de vacances. La raison invoquée aurait été une sinusite nécessitant une visite chez le médecin.

Le père affirme que, durant ce laps de temps, la mère aurait toutefois déposé une plainte auprès des autorités mexicaines, dans laquelle elle l’accusait de violences domestiques ainsi que d’abus envers elle-même et les enfants, des accusations qui, selon lui, sont apparues exactement au moment prévu pour le retour au Luxembourg.

A la suite de ces accusations, la police mexicaine serait intervenue, aurait fait sortir le père de la location de vacances, lui aurait interdit tout contact avec sa femme ou ses enfants et l’aurait averti que toute tentative de voir les enfants pourrait mener à son arrestation.

Le père affirme que les accusations sont “sorties de nulle part”. Il souligne qu’il a toujours été un père qui s’est occupé de sa famille avec beaucoup d’amour et qu’il n’a jamais maltraité ni sa femme, ni ses enfants.

Après avoir été sorti de la maison louée par la famille au Mexique, le père aurait été harcelé par la police locale, selon ses déclarations, en raison d’un prétendu “faux appel d’urgence” lancé par sa femme. Ses avocats affirment qu’il aurait été arrêté à tort, maltraité au commissariat, volé par des agents et enfermé en cellule.

La situation aurait dégénéré au point que ses avocats mexicains ont demandé une protection fédérale pour sa sécurité, car ils considéraient clairement l’incident comme une tentative d’intimider le père, alors qu’il essayait de retrouver ses enfants et de rétablir le contact avec eux.

Le cauchemar se poursuit

Alors que le père commençait à contester les accusations de son épouse avec le soutien de son équipe d’avocats mexicains, la mère a disparu avec les enfants en décembre 2023.

Un avis de recherche national pour les enfants a été déposé auprès de l’unité de la police mexicaine chargée des mineurs disparus, et des détectives privés ont été engagés pour découvrir où se trouvaient les enfants.

Le père affirme également que les passeports des enfants ont été emportés et cachés, ce qui aurait rendu leur retour au Luxembourg encore plus compliqué.

Un bref regard sur ses fils et à nouveau la séparation...

Avec l’aide d’enquêteurs privés, le père a finalement pu localiser les enfants dans le nord du Mexique, dans l’Etat de Coahuila, où ils auraient apparemment été cachés dans l’entourage de la famille de la mère. Il s’y est alors rendu et a présenté à la police régionale l’avis de recherche officiel, afin d’obtenir le soutien nécessaire.

Selon le père, la police a ensuite contacté la famille de la mère et leur a demandé d’informer celle-ci qu’elle devait amener les enfants au commissariat. Peu après, son avocat a contacté la police et accepté d’amener les enfants, à condition que le père vienne sans son propre avocat.

Dans l’espoir de voir enfin ses fils, il a accepté la proposition. Mais lorsqu’il est arrivé, il a été retenu dans une pièce séparée, et, après une discussion privée entre l’avocat de la mère et la police, il a été informé qu’il ne pouvait pas voir ses enfants.

A l’extérieur, les enfants ont été conduits dans un minibus par des membres de la famille, qui leur tenaient la tête baissée afin qu’ils ne puissent pas le voir, avant que le véhicule ne parte avec eux. Le père décrit cette expérience comme profondément traumatisante.

Peu après, les enfants ont à nouveau disparu sans qu’on sache où ils se trouvent.

RTL Today a reçu une réponse écrite de la mère

La mère conteste plusieurs éléments de la version du père et a transmis à RTL Today une réponse écrite dans laquelle elle présente sa propre version des faits.

Dans sa réponse, la mère remet en question la description des événements faite par le père concernant la période où la famille se trouvait au Mexique. Elle affirme avoir demandé le divorce avant même le début du voyage et que la famille avait initialement prévu de déménager au Mexique. Elle renvoie pour cela à ce qu’elle décrit comme des préparatifs de déménagement, notamment la location d’une maison et l’achat d’une voiture.

Elle rejette également la description de l’intervention policière formulée par le père et déclare que les agents lui avaient demandé de quitter la maison suite à la plainte qu’elle avait déposée. Les deux parties auraient reçu des documents les informant qu’il lui était interdit d’entrer en contact avec elle ou les enfants tant que l’enquête était en cours.

La mère souligne en outre qu’elle a déjà obtenu le divorce au Mexique et conteste que la situation puisse être qualifiée d’enlèvement, puisqu’un juge mexicain lui a provisoirement accordé la garde des enfants.

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