Escalade au Moyen-OrientLe Luxembourg et l’Europe en marge, constatent les députés luxembourgeois

Diana Hoffmann
traduit pour RTL Infos
La situation actuelle au Proche et au Moyen‑Orient, avec les bombardements de l’Iran par les États‑Unis et Israël, inquiète également les députés luxembourgeois.
© RTL (archive)

Dimanche, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Xavier Bettel, s’est concerté avec ses homologues européens sur la situation actuelle au Moyen-Orient. La Commission des Affaires étrangères a reçu les détails de cet échange lundi.

Un embrasement généralisé dans la région est redouté. Le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, a déclaré que la première préoccupation était de rapatrier les Luxembourgeois encore sur place. La deuxième inquiétude concernait la situation qui risque de continuer à s’aggraver. Les discussions qu’il a eues avec les ministres et Premiers ministres des pays du Golfe montrent que ces derniers ne veulent pas rester spectateurs pendant qu’ils se font bombarder. Cependant, le début des bombardements a été l’action des États‑Unis et d’Israël, qui, sans mandat et de manière unilatérale, ont décidé de ce que devrait être l’avenir des pays et des régimes.

Il est toujours question de droit international, a déclaré ensuite Fred Keup. “Au cours des quatre‑vingt dernières années, ce droit a été constamment violé par l’un ou par l’autre. Tout dépend toujours de la perspective de celui qui regarde”, a expliqué le député ADR. Il est désormais curieux de voir comment ceux qui ont condamné l’affaire Maduro vont réagir ici : s’ils vont également condamner les Américains. “Pour nous, en tout cas, ni dans l’affaire Maduro ni maintenant en Iran, nous ne condamnons les Américains ; nous disons même plutôt que c’est bien fait”, a souligné Fred Keup.

David Wagner, député de déi Lénk, a estimé que le minimum que l’Europe devrait faire maintenant serait d’affirmer que l’attaque constitue une violation du droit international. Il critique le fait que le monde risque désormais de plus en plus de devenir une jungle sans règles. Quant à savoir ce qui va désormais advenir pour le peuple iranien, il semble qu’il n’y ait aucun plan du côté des États‑Unis et d’Israël.

Selon Sam Tanson, il n’est pas possible de savoir si l’action des États‑Unis et d’Israël apportera le soulagement nécessaire aux Iraniens. “J’attends vraiment de l’Union européenne qu’elle intervienne là-dedans en veillant à ce que nous arrivions à une situation plus calme et qu’un changement de régime ait effectivement lieu”, a déclaré la députée verte. Un changement de régime, toutefois, ne semble pas être ce qui se profile pour l’instant, c’est plutôt une continuité.

Les prochaines mesures de l’Europe n’ont pas encore été décidées. La marge de manœuvre semble faible, voire inexistante. “Nous devons constater qu’en ce moment, l’Europe ne joue absolument aucun rôle au Proche‑Orient, ou tout au plus un rôle très secondaire. Cela se voit aussi dans le fait que nous n’avons pas été consultés”, a déclaré Laurent Zeimet, député CSV. C’est probablement dû aux positions prises à plusieurs reprises ces derniers temps. Sa plus grande inquiétude est qu’on ne sait actuellement rien de ce qui se passe en Iran : si la population peut encore résister au régime ou si celui‑ci continue à agir de manière répressive. Les images officielles doivent être considérées avec prudence.

Quant aux conséquences d’une escalade du conflit pour le Luxembourg ou pour l’UE, elles ne sont pas encore prévisibles. Des cyberattaques ou des attentats terroristes en Europe sont des risques désormais plus élevés que la semaine dernière, estime Yves Cruchten, député LSAP. Il dit être tiraillé entre l’espoir que le peuple iranien parvienne à se libérer du régime autoritaire, et le fait que le droit international a été bafoué et que des bombes tombent à nouveau sur des civils. Son espoir est que le conflit ne dure pas longtemps et que des processus démocratiques puissent rapidement se mettre en place. “Cependant, je dois vous dire que cet espoir, même s’il subsiste, est très faible. Je crains que ce ne soit pas le cas”, souligne Yves Cruchten.

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