Après la violente altercation entre deux lycéennes Le cri d'alerte du Parquet pour réveiller la politique

RTL Infos
Suite à la violente altercation survenue mercredi entre deux lycéennes au Limpertberg, le parquet alerte sur le manque de moyens mis en oeuvre pour la prise en charge des jeunes en difficulté, de manière générale au Luxembourg.
Simone Flammang, procureur général d'État adjoint
Simone Flammang, explique que le pouvoir judiciaire a souvent alerté les responsables politiques sur les carences de la prise en charge des jeunes en souffrance

La dispute déclenchée dans une cantine scolaire à Luxembourg-Limpertsberg qui s’est soldée par plusieurs coups de couteau portés par une lycéenne de 14 ans a une camarade du même âge en pleine rue, a secoué mercredi toute la communauté scolaire, et au-delà, le Luxembourg. Ce type de fait divers, qui plus est dans un contexte scolaire, est choquant et pose une série de questions.

24 heures après ce fait troublant, le Parquet de Luxembourg a décidé de mettre les pieds dans le plat. Car l’événement qui s’est déroulé mercredi à proximité immédiate du Lycée Michel Lucius au Limpertsberg “ne constitue pas un simple fait divers”, écrit le Parquet, mais soulève un problème bien plus vaste qui est celui du “suivi judiciaire et de problématiques liées à l’encadrement des mineurs en difficultés”, et en particulier leur prise en charge par les services de psychiatrie juvénile. Sans les citer, le Parquet fait ici référence aux structures de santé qui prennent en charge des jeunes souffrant de troubles ou syndromes divers.

Bien que la justice ait décidé certaines mesures pour venir en aide à ces enfants présentant des troubles psychiques, voire des comportements à risque, elles “n’ont pas pu être mises en œuvre à temps” et cela “faute de places disponibles dans les structures adaptées”, alerte le Parquet qui regrette cette situation de fait.

La santé mentale est un élément crucial dans le développement des jeunes mineurs, et les structures actuelles “ne permettent pas toujours une prise en charge suffisante de ces situations”.

Ce problème n’est pas nouveau”, sait trop bien le parquet, mais il “mérite des solutions durables”, estime-t-il. Car ce problème structurel en crée de nouveaux. Comme “l’aggravation de la situation qui s’est matérialisée hier par la commission d’une agression à l’aide d’une arme”, résume le Parquet faisant dès lors directement le lien entre le fait divers de mercredi et les dysfonctionnements soulevés.

Simone Flammang : Un problème insuffisamment pris au sérieux

Le procureur général d’État adjoint, Simone Flammang, a expliqué au micro de RTL que le pouvoir judiciaire avait souvent alerté les responsables politiques sur les carences structurelles de la prise en charge des jeunes souffrant de troubles mentaux, mais que le problème n’avait pas été pris suffisamment au sérieux jusqu’ici. C’est pourquoi il a été décidé de le rendre public.

La santé mentale des enfants et des jeunes s’est particulièrement détériorée depuis la pandémie du Covid-19. Selon le procureur général d’État adjoint, la situation est actuellement dramatique, car de nombreux jeunes et leurs familles sont touchés. Or, les places restent insuffisantes, tant en hospitalisation qu’en ambulatoire, déplore Simone Flammang. Des jeunes ayant besoin d’aide se retrouvent ainsi pendant des mois, voire des années, sans le soutien nécessaire. Une solution globale, impliquant l’ensemble de la société, est indispensable, selon ses mots.

La mineure de 14 ans qui a porté les coups de couteau a été transférée au centre pénitentiaire pour adultes de Schrassig sur ordre du Parquet. Le centre socio-éducatif pour mineurs de Dreiborn est saturé de façon chronique. Ce n’est pas nouveau non plus. L’établissement est tout simplement trop petit, souligne Simone Flammang, et le système judiciaire n’aurait alors d’autre choix que d’utiliser la prison de Schrassig quand un mineur doit être placé en structure fermée. Ce dont le Luxembourg a clairement besoin, ce sont des structures thérapeutiques. Un service de psychiatrie légale et des unités de suivi post-carcéral.

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