Tribunal de LuxembourgDébut du procès d'un gynécologue accusé de viol

Diana Hoffmann
traduit pour RTL Infos
Un gynécologue comparaît depuis ce mardi devant la 13e chambre criminelle du tribunal d'arrondissement de Luxembourg pour viols et attentats à la pudeur sur quatre femmes.
© RTL

Le gynécologue poursuivi a déclaré mardi matin devant la 13e chambre criminelle du tribunal de Luxembourg n’avoir effectué “aucun geste gynécologique allant au-delà d’un examen normal”. Il est accusé d’avoir, entre 2013 et 2018, commis à plusieurs reprises des viols et des attentats à la pudeur sur quatre femmes à son cabinet. Devant la juge, il a nié tous les faits qui lui sont reprochés.

Une victime présumée a été le premier témoin entendu par la Cour. La femme, âgée aujourd’hui de 43 ans, avait consulté l’accusé en raison de son désir d’enfant. Lors de l’examen, il lui aurait massé son intimité avec du gel et lui aurait dit qu’il fallait souvent avoir un orgasme pour tomber enceinte. En outre, pour examiner les seins de sa patiente, le médecin se serait pressé contre elle par derrière, alors qu’elle était à moitié nue. La femme n’a pas pu préciser plus en détail combien de fois ces faits sont survenus. Elle s’est rendue environ à 16 reprises en consultation chez ce médecin.

“Vous n’avez jamais remis cela en question, ou pensé à changer de médecin ? ”, a demandé la juge. Au début, elle n’avait pas directement remis en question ces actes, a répondu la témoin. Elle pensait que chaque médecin avait sa propre manière de faire. Lorsque la juge a continué à insister, la femme a éclaté en sanglots. Son désir d’enfant était tellement fort. “Je pensais qu’il auscultait mon corps”, a ajouté la victime.

C’est seulement après avoir fait une fausse couche en 2018 et avoir été en contact avec d’autres médecins qu’elle a ouvert les yeux. Ce n’est qu’alors qu’elle s’est dit que la manière dont le médecin l’avait touchée, n’était pas normale. Lors d’un suivi psychologique en 2019, il lui a été conseillé de porter plainte. A la question de savoir pourquoi elle n’avait pas porté plainte plus tôt, elle a répondu : “Je me suis dit qu’il était riche et connu, qu’il était luxembourgeois. Je pensais être seule et je me suis dit que ce serait ma parole contre la sienne.”

Lors des prochaines audiences, une quinzaine de témoins seront entendus, dont les victimes, des médecins et d’autres experts.

Comme pour toute enquête, la présomption d’innocence s’applique également dans ce cas, jusqu’à ce qu’un jugement ait été rendu par le tribunal.

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