
Un projet immobilier pas comme les autres sort de terre à Belval. Au total, 102 logements, bureaux et commerces vont être construits dont 30 ont déjà été acquis par l'Etat luxembourgeois, a-t-on appris vendredi. Mais ce n'est pas le nombre de logements où la localisation du projet qui en font un projet hors du commun. C'est la volonté des entreprises impliquées, BPI, CLE et Hydro, de réduire au maximum l'empreinte carbone du bâtiment.

Un bâtiment qui a d'ores et déjà décroché le label LCBI ("Low Carbon Building Initiative") en faisant une référence en la matière au Luxembourg. "C'est un projet exemplaire", a affirmé la directrice de l'association française en charge de décerner ledit label. Cécile Dap a précisé que c'était le seul projet en Europe à avoir été certifié au plus haut niveau d'excellence.
"Des efforts incroyables ont été déployés pour décarboner" la construction et tout ce qui s'y rapporte. Un représentant d'Hydro expliquait notamment que tous les cadres de fenêtres avaient été construits à l'aide d'aluminium recyclé à 100% au Luxembourg. "Tout a été étudié afin de réduire au maximum l'impact du projet, jusqu'aux modes de déplacement de nos équipes", a expliqué le directeur de la conception du projet, Frédéric Vingtans.
Une construction hybride qui mêle le béton, bois, acier et aluminium. L'utilisation du bois dans les étages supérieurs joue un grand rôle dans la certification du bâtiment. "C'est un coffre-fort à carbone", a déclaré l'expert de Wood Shapers, Philippe Courtoy. Et, cela a été souligné à plusieurs reprises, l'utilisation du bois permet également de raccourcir les délais sur chantier.
"On a réussi à construire un niveau par semaine", explique M. Courtois qui affirme qu'ils auraient pu aller plus vite si des problèmes logistiques ne s'étaient pas présentés. Et le temps gagné sur chantier est évidemment de l'argent économisé. "Vous voyez, construire bas carbone ne signifie pas forcément construire plus cher", a commenté Christophe Herrmann, directeur général de CLE.
Interviewé en marge de la fête du bouquet du projet Roots, le directeur de BPI au Luxembourg, Sébastien Labis, nous a confirmé que le projet était resté "dans le budget". Un budget qu'il n'a pas souhaité partager avec nous. "Nous avons réussi à rester dans les prix du marché (ceux de Belval, pas Luxembourg), nous n'avons pas augmenté nos prix malgré la hausse des prix de la construction", a-t-il déclaré.
Le projet qui comprend des logements, des bureaux et des espaces de commerce est actuellement vendu à "approximativement 55%". Sébastien Labis a insisté sur l'importance de démocratiser la construction bas carbone, alors que l'on sort de l'été le plus chaud jamais enregistré en Europe. D'où l'importance de sensibiliser les particuliers et les investisseurs à ce genre d'initiative, a souligné le directeur de BPI.
Rappelons que BPI a récemment reçu le feu vert pour construire un projet d'envergure au Kirchberg, là où siégeait il n'y a pas si longtemps la banque BGL BNP Paribas. Un projet qui, selon nos informations, devrait également décrocher le label "LCBI", preuve de la volonté de l'entreprise de continuer sur son élan bas carbone.