
Les causes de ce recul du patrimoine des ménages luxembourgeois sont à trouver principalement sur le marché immobilier ainsi qu’en Bourse, puisque la valeur des investissements a reculé chez celles et ceux qui ont les moyens d’investir.
En 2023, le patrimoine net des ménages luxembourgeois atteignait en moyenne 1,157 million d’euros. Corrigé de l’inflation, cela représente une baisse de 18 %. Le patrimoine net comprend les biens immobiliers, les voitures et autres biens dits matériels, déduction faite des dettes. L’évolution des prix de l’immobilier constitue l’un des facteurs de cette tendance à la baisse : ceux‑ci ont diminué sur la période considérée. Toutefois, selon la Banque centrale, c’est surtout l’accès à la propriété qui a davantage pesé. Ainsi, la part des ménages propriétaires de leur résidence principale est passée de 65,6 % en 2021 à 61,7 % en 2023. En 2018, ils étaient encore 69 % à être propriétaires de leur logement. Parallèlement, en 2023, 32 % des ménages étaient propriétaires d’autres biens immobiliers que leur résidence principale.
Même les ménages locataires sont majoritairement propriétaires d’une voiture. En 2023, 84,2 % des ménages disposaient d’au moins un véhicule. Ce taux est lui aussi légèrement en recul : depuis 2014, il a diminué de près de quatre points de pourcentage.
En ce qui concerne la répartition du patrimoine entre les différents groupes de population, les enquêtes montrent au fil des années qu’il augmente avec l’âge jusqu’à la retraite, et que les ménages dont la personne de référence est un homme disposent de plus de patrimoine que ceux dont la personne de référence est une femme. Les couples sont également plus riches que les célibataires, les personnes divorcées ou les veufs et veuves. Les ménages locataires sont plus pauvres que les propriétaires.
Mais comment les ménages gagnent‑ils leur argent ? En 2023, le revenu brut annuel s’élevait à 125.000 euros et le revenu médian à 96.600 euros, soit une hausse de 8 % par rapport à 2021. Les chercheurs de la Banque centrale expliquent cette évolution par le fait que 79 % des ménages ont perçu des salaires indexés.
Selon la Banque centrale du Luxembourg, les inégalités dans la répartition du patrimoine ont peu évolué depuis 2010. Le 1 % des ménages les plus riches détient 13 % du patrimoine net, tandis que les 10 % les plus riches en détiennent près de la moitié, soit 47 %. Les 50 % les moins riches des ménages se partagent 9 % du patrimoine net. 2 % des ménages disposaient d’un patrimoine négatif, c’est‑à‑dire que leurs dettes étaient supérieures à la valeur de leurs biens.