
"Je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que nous devons parler de la compétitivité et des prix de l’énergie. Cela me paraît évident. Et aussi de l’inflation", a déclaré le ministre du Travail Marc Spautz à propos des thèmes qui pourrait être abordés lors de la tripartite du 12 mai. Il n’a toutefois pas voulu s’engager précisément sur les sujets qui seront discutés lors de la tripartite.
"Je pense que mercredi, le Premier ministre, le ministre de l’Économie et le ministre des Finances rencontreront individuellement les partenaires sociaux, afin de préparer cela."
Le ministre du Travail était l’invité de la rédaction de RTL lundi matin. Il a regretté que, malgré ses efforts, il ne soit pas encore parvenu à réunir syndicats et patronat autour d’une même table. "Cela n’a malheureusement pas abouti. Ils ne sont pas venus à ces discussions. Mais je ne perds pas espoir que nous y parvenions encore."
Marc Spautz a vécu son premier 1er mai en tant que ministre dans un climat plus tendu que lors de son époque de syndicaliste. Il souligne qu’il était conscient du changement de rôle : en tant que ministre, il ne doit pas seulement veiller aux intérêts des travailleurs, mais à ceux de l’ensemble du pays.
En revanche, le ministre a rejeté les critiques formulées par le président du syndicat LCGB, Patrick Dury, selon lesquelles les discussions entre les partenaires sociaux au cours des derniers mois n’auraient eu que le "format pause-café", sans déboucher sur des résultats concrets. Il reconnaît que les formats bilatéraux prennent naturellement plus de temps pour aboutir à la signature d'un document commun à trois, mais affirme que des avancées ont été réalisées en matière de travail sur les plateformes.
Concernant l’organisation du temps de travail, aucun accord n’a certes été trouvé, mais un débat d'actualité à la Chambre a été demandé, car il est important d’entendre les différentes positions et revendications des partis avant de poursuivre les négociations.
Le ministre replace la revendication des syndicats d’une augmentation de 11 % du salaire minimum, soit environ 300 euros, dans le contexte de la situation économique globale. Outre la compétitivité des entreprises, le coût élevé de la vie, le logement et les prix de l’énergie jouent également un rôle important, qu’il ne faut pas perdre de vue. "En ce qui concerne le salaire minimum, nous avons l’un des plus élevés de toute la Grande Région. Mais c’est avec celui‑ci qu’il est le plus difficile de vivre correctement. Il faut le reconnaître", a souligné le ministre du Travail. Cela vaut toutefois partout, notamment en raison du coût élevé du logement.
Le gouvernement mise sur une augmentation de l’offre de logements sur le marché, grâce à de grands projets (Wunne mat der Wolz, Metzeschmelz), même si cela prend du temps. La politique des taux d’intérêt et l’accès au crédit jouent évidemment aussi un rôle déterminant. Par ailleurs, des aides sociales existent aussi pour l’énergie et le loyer. Il faut donc envisager la question de manière plus globale. En plus, il faut veiller à rester compétitif, faute de quoi le taux de chômage continuera d'augmenter.