
Au Luxembourg, plus de 34.000 personnes ont déjà téléchargé l'application de paiement numérique Wero depuis son lancement mardi. Des problèmes ne seraient survenus que dans quelques cas isolés. C’est en tout cas ce qu’ont déclaré les représentants de Wero et des banques luxembourgeoises lors d’un événement organisé mercredi matin pour présenter le déploiement (rollout) de Wero.
Il s’agissait d’un événement marketing organisé dans le quartier européen du Kirchberg. Au programme : discours, présentation et panels, une sorte de table ronde animée avec beaucoup d’enthousiasme par le sympathique modérateur Jim Kent. Quelques messages ont été volontairement mis en avant, tels que : "Le Luxembourg était prêt pour Wero". À la fin de l’événement, Martina Weimert, directrice d’European Payments Initiative, l’opérateur de Wero, a tenu à faire passer un message important et plus authentique : selon elle, Wero constitue une contribution concrète à la souveraineté ou l'indépendance numérique de l’Europe.
Martina Weimert et les équipes de Wero se sont déclarées très satisfaites après cette première journée. Sur plus de 10.000 clients bancaires ayant migré vers Wero, seuls quelques problèmes isolés ont été signalés. À leurs yeux, ceux-ci seraient liés à la connexion entre LuxTrust et les banques. La directrice de Wero les qualifie de "défauts de jeunesse d’une nouvelle solution".
Du côté de la banque Raiffeisen, moins d’une douzaine d’appels de clients rencontrant des difficultés ou ayant des questions, ont été dénombrés pour 3.500 migrations vers Wero. Pour Claude Würth, de la Spuerkeess (BCEE), le lancement de mardi s’est déroulé "parfaitement et mieux que prévu". Les équipes de la banque étaient bien préparées pour aider les clients. Quant à la migration des entreprises vers Wero, elle devrait être réalisée au cours du mois de septembre.
L’une des entreprises qui a adopté Wero dès le premier jour est Batiself. Son dirigeant, le multi-entrepreneur Claude Wagner, a déclaré n’avoir reçu aucun signalement de problème. Au cours de la discussion, il a répondu au modérateur que son espoir était que, d’ici deux ans, "il n’y ait plus d’argent liquide".
Lorsque nous lui avons demandé plus tard ce qu’il faudrait faire en cas de panne d'électricité ou de réseau, par exemple, il a ri et reconnu qu’il était toujours bon d’avoir un peu d’argent liquide. De son côté, Martina Weimert a affirmé que Wero n’était pas en concurrence avec l’argent liquide, mais qu’il existait une "tendance générale du marché" montrant que de plus en plus de personnes recourent au paiement numérique.
Wero entend s’étendre au-delà de l’Allemagne, de la France, de la Belgique et du Luxembourg. D’ici la fin de l’année prochaine, l’application devrait également être lancée aux Pays-Bas, avant de poursuivre son expansion vers l’Europe du Nord et du Sud. Wero prévoit aussi l’ajout de nouvelles fonctionnalités, telles que le paiement sans contact, le paiement en un clic ou encore l’intégration de l’identité numérique dans le portefeuille numérique (wallet).
De son côté, Ludovic Francesconi, responsable du développement et de la stratégie chez EPI, a assuré que Wero disposait d’équipes chargées de surveiller les menaces telles que les cyberattaques ou les fraudes et d’intervenir en cas de problème.
Rappelons encore que Payconiq ne sera officiellement plus disponible à partir du 30 septembre.